Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 13:54
Non pas que je me sentais vraiment mal, non….
Non pas que je me sentais vraiment bien, non, la j’en suis vraiment sûr ! Mais je ne sais pas, ma vie puait la mort, peut être même pire, elle puait rien, en fait elle ne sentait même pas mauvais.
J’étais tiraillé entre un passé qui me rendait nostalgique, pourtant il n’y avait pas de quoi. Très jeune, j’ai réalisé que le présent était assez limité et que mon bonheur, je le voyais dans un future qui n’existerait probablement jamais tellement la différence était énorme. Donc entre un passé qui me rendait nostalgique et un futur qui m’angoissait, et encore je bloque ce cri de terreur, cette panique qui me faisait souhaiter parfois n’avoir jamais existé.
Ben ouais, comment vivre agréablement quand on a pigé, très bien pigé qu’à la fin, inéluctablement, on va crever ? Déjà que quand je me coupais un doigt ça me gâchait toute une journée alors l’idée de passer l’arme à gauche !
Et en plus j’aurais dû passer ma vie à dire oui et à sourire comme un crétin, être content de mon sort, aller à l’église remercier Dieu pour ce merveilleux cadeau qu’est la vie et pour tout ce qu’il me donnait au quotidien !
On n’avait pas du me donner les bonnes incantations ou il se faisait vieux le père, il fallait lui changer les sonotones.
Je m’appelle Gabriel, Gabriel HESSE, j’habitais dans une de ces grandes villes occidentales, là ou si on est riche, on redevient l’enfant qui veut contrôler son monde de lego qu’il construit et démolit à sa guise. C’est ainsi, avec du pognon on peut chier sur tout le monde sans que ce soit vulgaire.
Moi, je n’avais pas trop de pognon. Mais bon, je n’avais pas cette obsession. J’avais l’impression qu’en étant très attiré par l’argent, on oubliait beaucoup de ses petites angoisses existentielles qui vous pourrissent la vie pour les remplacer par une bonne grosse névrose qui vous fasse être, penser et agir qu’en fonction de ce BON VIEUX GROS POGNON !
L’homme moderne était forcément avec, ou du moins donnait l’impression, de l’argent, du flouze, de la fraîche en pagaille, c’était ce qui lui permettait d’avoir confiance en lui et de projeter cette auto-suffisance à la gueule du reste du monde avec une sorte de légitimité.
Bon en gros j’étais à ce moment là au chômage, sans ambitions et sans réel désir d’en avoir.
Mes journées s’articulaient autour de quelques activités inintéressantes comme la balade, la télévision, le tennis ou des trucs comme ça.
La balade étant le résultat d’une overdose du petit écran et d’un manque de partenaire sportif, faire du mûr au tennis pouvant s’apparenter à une masturbation face à un miroir, j’errais pendant des heures dans les rues comme une âme en peine, un fantôme culpabilisant de ne même plus faire peur aux enfants.
On revient encore au manque d’intérêt général de ma vie absolument tout sauf trépidante.
En résumé, je me faisais royalement chier tout seul la plupart de mon temps malgré la densité de population que connaît ce genre d’énorme capitale européenne.
L’ennui dû à l’inactivité qui conduit à une solitude assez sournoise est une épreuve très douloureuse et difficile. Un métier, même à la con, permet au moins de ne pas passer trop de temps avec sois même, car c’est dans ce genre de période qu’on comprend que quelqu’un ou quelque chose rode toujours aux alentours, comme une ombre.
Voilà, j’ai vais vous raconter une partie de mon histoire ou plutôt de l’histoire de ma vie, mais pas à n’importe quel moment : quand je suis né, à vint huit ans.
J’aurais pu commencer en disant : « je m’appelle Gabriel, Gabriel HESSE, j’ai vingt huit ans et je viens de naître… »
 
Par Hessman
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 13:55
Assis chez moi, j’attendais. Oh je n’attendais rien.
Mais patiemment, sans me précipiter, « tranquille…» comme disent les crétins, bien au ralenti…limite en état d’auto hypnose. Mais une auto hypnose tellement bien réussie que même en dormant mon cerveau était plus sollicité.
Cette absence d’action, je parle même plus d’aventure, me rendait malade tellement je ne savais plus y faire face.
Je rêvais d’une grosse dépression. Le genre de dépression qui vous fait tomber à genou en pleure et qui a au moins le mérite de vous faire toucher les profondeurs. Une manière de vous proposer de remonter. Enfin c’est ce que je pensais.
Comment faisaient les autres ?
Pourquoi ma vie perdait son éclat de jour en jour ?
Étais-je le seul responsable de ce marasme ? ou pouvais-je le partager avec la société ?
De toute façon l’important était d’aller dans le sens du changement et si possible le bon sens, ou plutôt le bon changement, enfin je me comprends.
J’essayais souvent de remettre un peu d’ordre et de lumière dans mon esprit en cherchant des idées, des solutions, quelque chose. Celles qui me feraient basculer dans ce monde étrange des gens heureux. Et je ne dis pas des gens normaux vu que pour moi la normalité c’était la merde et ce depuis toujours. En fait, j’avais la conviction de ne pas être doué pour l’existence. Comme certaines personnes se sentent impuissantes face aux problèmes de mathématiques, moi j’avais plus d’érection face à la vie. J’étais en quelques sortes le témoin de mon quotidien, le témoin du néant, en plus un témoignage dont tout le monde se branlait.
Il fallait qu’il se passe quelques choses d’inhabituel, de fou ou... ou rien.
Plusieurs solutions s’offraient à moi :
Me suicider… un tabouret et une corde. Ce n’était pas compliqué, c’était même simple : j’aurais pu laisser une lettre pour déculpabiliser qui que ce soit qui aurait pu penser avoir une responsabilité quelconque. Une belle lettre…
«  - maman, papa, mes frères et mes sœurs, mes amis, je tire ma révérence. J’espère que vous ne m‘en voudrez pas trop ? Je n’ai pas de raisons précises qui me poussent à déclarer forfait mais ayant perdu goût à la vie et ne souhaitant pas le retrouver, je me retire. Cette décision a été murment réfléchie. Elle est même le fruit d’une grande réflexion... »
Tu parles Charles !
Après j’aurais tenter de mettre des débuts de justification : que mes couilles sont pas assez grosses, qu’après une heure de marche je pus systématiquement des pieds, ou que j’avais l’ambition de Sharon Stone avec le physique du petit Louis et l’intelligence d’un dauphin. Mais oui c’est ça, c’est très intelligent un dauphin… incroyable…et mon cul il fait de la lumière !
La fin aurait été une longue et touchante déclaration d’amour visant tout ceux dont je percevais encore dans le regard que j’existais un peu, voir pour certains beaucoup.
Mais tout ça c’était de la foutaise, du délire, je n’aurais pas été foutu de me suicider. Je vous ai dis que je n’étais pas doué, pas médiocre mais pas doué.
Non ce qui m’aurait plus ressemblé ça aurait été plutôt, je ne sais pas, aller me louer un DVD de filme de cul ou plutôt d’horreur histoire de me changer les idées. Avec un peu de chance, l’héroïne avant de se faire découper en morceau se ferait allègrement tirer par un sadique. Ce qui aurait pu me permettre de m’astiquer la tige un bon coup…
Putain, encore de l’imaginaire de chiotte !
Ou…ou faire une folie, tout claquer sur place, balancer mon appartement, vendre tout ce qui m’appartenait, c’est à dire pas grand chose et partir comme un dingue.
Faire un voyage, ce voyage dont les autres parlent sans cesse. Partir pour tirer un trait sur cette existence qui ne m’apportait que désolation, solitude, et ennuis.
Rompre avec la monotonie d’une vie vouée à l’échec, me donner une chance. Partir loin, avant de partir en sucette sur place…
Cet instant restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je venais de ressentir quelque chose d’immense, quelque chose de gigantesque : j’étais à la fois pétrifié de peur et émerveillé. Je désirais tellement rompre avec cette vie inutile, ressentir enfin les flux magnétiques de l’existence. Que mon avenir soit plus étoilé, plus dangereux. Je réalisais que pour ça il me fallait perdre le contrôle, enfin ce contrôle pour interférer sur cette réalité, laisser s’exprimer l’ensemble de mon être !
Soit je me résonnais comme un bon gros loser en allant chercher quelques bons arguments dignes de la mère Denis et me condamnais à poursuivre cette histoire pathétique, soit j’arrêtais de me croire assez intelligent pour faire les bons choix et me balançais sans réfléchir dans un grand voyage ou plutôt une quête qui n’aurais pour sens que de trouver ce dernier.
Le plus terrifiant fut ce miroir mental auquel je ne pouvais plus échapper. Un miroir qui devait me révéler…
Une angoisse d’une puissance indicible me donna envie de pleurer comme un bébé. J’aurais pu dans cet état me pisser dessus ou me dégueuler sur les pompes.
Les heures qui suivirent furent une véritable descente aux enfers. Les démons de mes tristesses et mélancolies à qui j’avais toujours refusé la porte de sortie surgirent tous. Des séquences douloureuses, des suites d’image, des voix enfouis depuis longtemps, tout refaisait surface pour le meilleur et pour le pire. Je n’avais plus d’autres choix que de libérer toute cette merde. Vertiges, malaises, mon état se dégrada et m’emmena jusqu’à la perte de conscience.
Je gisais sur le sol…
Ce fut un choc mental violent. La douleur fut si intense qu’elle me fit oublier ce combat cognitif à la limite de la schizophrénie.
Après s’enchaîna une période de trouble intense dont je ne garde plus de souvenir précis.
Refaisant surface des profondeurs de cet océan de douleur, je ramenai une bouée de sauvetage, une idée, une idée forte, obsessionnelle.
Vous êtes probablement en train de penser que toute cette réflexion s’est faite très vite et que dans la vie les choses ne se passent jamais comme ça.
Attendez, fermez les yeux, détendez vous, relaxez l’ensemble de votre corps, faites vous royalement chier pendant vingt huit ans et rouvrez-les.
De toute façon, votre avis, je m’en contrefous.
 
Par Hessman
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 15:05
Je mis un peu de musique rythmée, genre latino. Je n’aimais pas trop mais je me sentais plus ouvert au monde en écoutant ce genre de truc. La main sur le ventre et hop ! Je dansais tout seul comme un gros couillon en fermant les yeux et en murmurant du pseudo espagnol bien dégueulasse. Au bout de trente secondes, n’ayant éprouvé aucune sensation pouvant s’apparenter à du plaisir, je pris une feuille bien blanche, bien propre et me mis à écrire afin d’organiser un peu les choses.
« Alors par quoi commencer, prévenir mon entourage ? Pourquoi pas ? »
Mais si c’était pour qu’on me regarde comme un yorkshire qui ne fait plus caca ou un petit bébé qu’a pas fait son rototo, alors fuck !
C’était d’un changement de vie dont il était question et pas d’une crise d’ado attardé qu’il faut emmener chez un psychologue qui dira à ses parents de lui acheter une mobylette ou une flûte traversière.  « C’est ça, ils peuvent se la mettre dans le cul leur flûte et bien profond ! »
J’aurais été incompris et dans ce genre de situation, se justifier, s’expliquer restent la dernière chose dont on a envie.
Je ferais ça comme un homme, un vrai. Je filerais à l’anglaise et mon retour en serait d’autant plus royal.
J’étais allé à la banque retirer l’intégralité de mes comptes qui de toute façon me rapportait une misère. « Ne laissé pas dormir votre argent, faites le travailler » disait cette salope derrière son bureau avec ses jambes croisées, ses petits nichons ridicules et cette putain de sale gueule. Qu’est-ce qu’elle était vilaine, je lui aurais bien décoché une patate dans la gueule à cette connasse.
Quand j’eus fini de vider mes comptes, à défaut de vider mes couilles sur sa tronche, j’eus l’impression d’avoir été violent, d’avoir maudit toute sa famille. C’était incroyable, j’avais retiré vingt milles francs, c’est à dire rien pour une banque et cette assistante de clientèle était d’après son visage, terriblement embarrassée.
Je venais de remarquer que depuis qu’elle s’était assombrit, des fantasmes me traversaient l’esprit. Je l’imaginais nue avec ses petits nichons ridicules et des grosses lunettes de secrétaire des années soixante dix, remplissant ses formulaires de fermeture de compte. Certaine personne sont tellement moches qu’on peut facilement imaginer leur univers intérieur.
Derrière ses aires de BCBG se cachait, j’en étais sur, une grosse putain. Une grosse putain qui aimait sucer des bites sans pouvoir se l’expliquer.
Je la saluai et poussa la porte de son bureau avec conviction, je me sentais d’or et déjà plus libre…
Je n’avais plus de compte en banque, j’avais fais partir à l’aide d’un courrier en recommandé avec accusé de réception ma lettre de départ de cet appartement de merde. Oh ! Les facteurs et toute leur bande de pote qui passent leur vie à acheminer des torches cul, allez tous vous faire foutre. Les propriétaires paranoïaques et leurs amis travaillants dans des agences immobilières, allez vous faire foutre. Et enfin, les huissiers qui font leur beurre grâce à tout ce tas de con incapable de s’entendre, allez vous faire foutre aussi!
L’intégralité de mon patrimoine était à vendre sur Internet. Je m’étais mis d’accord avec ma voisine Lucie pour qu’elle recueille mes plantes en lui disant que je partais en vacances pour quelques temps. J’avais enfourné dans un immense sac a-dos le nécessaire pour suivre ma destinée.
A moi les combats avec les crocodiles, les courses poursuites dans le désert, les fusillades de brigands ! Non je plaisante, j’étais désœuvré mais pas complètement con.
J’avais acheté un billet d’avion qui me permettait de réaliser l’équivalent d’un tour du monde sur une période de trois ans.
Mentalement j’étais prêt. Matériellement il ne me restait plus qu’à régler quelques détails techniques.
En résumé j’avais programmé mon départ une semaine après et plus rien ne semblait faire obstacle à ce voyage.
Les choses suivaient leur cours.
Pendant cette semaine, j’organisai plusieurs fêtes dans mon appartement. J’invitai l’intégralité de mon immeuble à passer festoyer.
La première soirée fût mémorable pour beaucoup de monde. Bon nombre de mes voisins que je ne connaissais même pas était venu et se révélaient être des gens fort sympathiques. Cette soirée que je qualifierais de spéciale, fut l’occasion de remercier Lucie d’accepter de garder pour une période plus ou moins longue mes plantes. Au cours de la nuit, je participai à tous les jeux d’alcool et me retrouvai très vite complètement bourré à cracker.
Parler était devenu quelque chose de différent. Lucie fut la dernière oreille à m’écouter et tant de gentillesse de sa part m’émut.
Ce soir là en la regardant sous un angle nouveau, je fus pris d’un désir immense de l’enfourcher à l’aide du bloc de béton que j’avais maintenant entre les jambes.
Cela se fit assez naturellement. Je crois avec le recul qu’elle avait toujours été plus ou moins amoureuse de moi. Donc se retrouver parterre dans la salle de bain à s’agiter maladroitement tels deux vermisseaux ne contrôlant plus leurs cris de plaisir couvert par un best-of des « Rolling Stones » n’était guère surprenant.
Le seul petit problème apparut au moment du réveil : Lucie, avait elle aussi un peu abusé de mélange divers mais la gerbe répandue le long de son cou qui finissait au niveau de ses genoux provenait probablement de mon abus et non du sien. J’en étais vraiment convaincu, cette odeur puante de vomie, j’avais la même dans la bouche.
Le romantisme n’avait jamais été mon fort mais là c’était du grand Gabriel.
Donc mis à part cet incident de fin de soirée, son déroulement avait été une réussite. Les problèmes arrivèrent les fêtes suivantes : les voisins participaient de moins en moins à ces rendez-vous merveilleusement chaotiques. Sans doute à cause de la fatigue due à la surconsommation d’alcool et à quelques autres produits surpuissants. Ils m’envoyèrent rapidement en guise de remerciement la police à qui il fut difficile de nier les faits vu le volume sonore extraordinairement explosif !
Le comble de cette semaine nocturne, d’ailleurs ce fut le point final de cet incroyable délire, fut l’intrusion assez violente d’un groupe d’intervention de police qui nous surpris mes amis et moi en plein concours de prise de raille géant de cocaïne. Nous avion appelé ça le Paris Biarritz et le grand perdant de ce jeu fût mon ami william qui descendit du train très rapidement. Faut dire qu’il n’avait pas l’habitude des grands voyages.
D’accord, nous avions un peu exagéré. Mais avouez qu’une vingtaine de fou furieux, dont deux habillés en chef de gare, un perdant nu avec des inscriptions racistes sur tout le corps qui malheureusement était d’origine africaine et le reste du groupe hurlant à la mort comme des loups ne méritaient pas une intervention aussi musclée.
Simplement, la malchance avait été au rendez-vous. Il s’agissait d’un gros malentendu.
Sur les trois responsables, le plus gradé avait été le seul à esquisser un sourire en voyant William entièrement recouvert de correcteur blanc comprenant la disproportion entre l’événement et le ridicule de leur présence dans cette soirée décadente.
Après avoir expliqué non sans mal, la raison qui m’avait contraint à disposer d’une telle grosse somme d’argent (quoique un peu amoindri par différentes dépenses que vous imaginerez facilement), nous passâmes la nuit au poste et tout cela n’aboutit qu’à une grande distribution de claques inutiles et à une amende géante qui amputa encore plus mon budget voyage.
Mais peut importe nous avions vécu une semaine de folie et ça, ça n’a pas de prix !
Enfin libre, nous nous retrouvâmes tous dans la rue, très fatigués, surtout certains dont l’énergie avait légèrement débordé et avaient dû être contenu par des lieutenants de police à la patience très restreinte. William salua l’assemblée avec empressement. Je crois qu’il avait hâte de rentrer chez lui afin d’effacer certaines inscriptions qui je dois dire avec le calme revenu se révélaient être limites.
Je n’avais informé personne de ma décision de partir. Une semaine complète avec des amis sans leur dire l’essentiel, on pourra trouver ça étrange, moi je trouve ça fort !
Par contre, que mes amis ne m’aient rien demandé sur les raisons de l’organisation de toutes ces soirées, on pourra trouver ça étrange, moi en tout cas, je trouve ça étrange…
Ce n’était plus important, j’étais de retour chez moi, il était onze heures du matin et j’avais quelques heures pour faire le rangement final et quitter les lieux.
Par Hessman
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 10:59
L’homme prit mes bagages avec fermeté, organisa le rangement de son coffre, tourna autour de son véhicule, probablement pour l’inspecter. Il faisait preuve d’une grande détermination, il était assez drôle. Une bataille redoutable avait dû avoir lieu sur le haut de son crane. Plus aucun cheveu ne semblait vouloir pousser. Cela laissait place à un front haut et plissé. Son regard de prédateur était légèrement caché par une paire de lunette toute ronde. Le tout trônant sur un corps de petite taille et assez mal proportionné.
J’étais dans le taxi qui m’emmenait à l’aéroport, fatigué, que dis-je, exténué. J’avais l’impression que mes yeux étaient à la hauteur de ma bouche, que mes bras pouvaient toucher le sol sans aucun effort.
« Vous partez ou jeune homme ? » me demanda très clairement le chauffeur avec un accent venu tout droit du nord.
« En Thaïlande, à Bangkok, enfin mon avion me dépose la-bas et après… » J’espérais que la conversation allait se terminer là car en plus d’être vidé de toute énergie, j’avais pris l’option casque à pointe : j’avais un mal de tête de boxer après un match perdu par KO.
« Ah ! Vous êtes un de ces jeunes routards qui part découvrir le monde sans se poser de question. Je peux vous en poser une de question ? »Me demanda mon nouvel ami avec un large sourire.
« Oui avec plaisir »lui répondis-je hypocritement.
« Vous êtes de gauche?...  Non, ce n’est pas méchant mais en général, les jeunes qui font comme vous, ils sont plutôt de gauche. Je connais bien le topo, ça fait vingt sept ans que je fais ce métier, j’en ai vu passer du client. Les jeunes qui voyagent comme ça et en plus vous me dites que vous allé à Bali en Thaïlande, ils se sentent plutôt bien à gauche. Comme les anglais ! » Il éclata de rire en accompagnant cette subtil plaisanterie d’un coup de volant sec qui nous plaça sur la voix de gauche.
Un peu bousculé, je lui répondis : « non Bali, c’est en indonésie. Moi je vais à Bangkok, en Thaïlande… ».
Le chauffeur interrompit son rire imbécile.
Quelques minutes passèrent. Je le voyais me regarder dans son rétroviseur, il n’avait pas l’air d’avoir apprécié cette petite remise en place que j’avais dû effectuer. Mais sans se décourager il reprit : « désolé, c’était pour rire, je sais bien que Bangkok c’est en Thaïlande, on plaisante là… »
L’ambiance avait changé. Il me cassait les couilles ce connard. Vu qu’il restait au moins un quart d’heure de trajet, que mon nouvel ami en m’épiant dans son retro signifiait qu’il désirait poursuivre cette discussion vouée à l’échec, je répondis à sa question d’un ton sage et apaisant : « pour revenir à ce que vous me demandiez, je suis pas trop intéressé par la politique. Je pense qu’il y a du bon à gauche, comme à droite. Les choses ont vraiment évolué, il n’y plus cette différence, ces idéologies opposées. Le monde devient naturellement la moins pire des choses s’imprégnant d’éléments divers et d’idées de tout bord » (et mon cul, c’est du poulet ! oh quel jolie consensus Gabriel…) Parti sur ma lancée je rajoutai : « mis à part bien évidemment les extrêmes. » voilà…
Assurément, un petit discours niaisou engendre souvent une grosse connerie. La réaction du chauffeur fut immédiate :
 « Qu’est ce que vous entendez par extrême ? »
Des images de personne me félicitant m’apparurent : ma mère, sa grosse tête contre la mienne admirant avec bonheur le bébé à l’unique dent que j’étais devenu. Certains instants rares de ma jeune scolarité ou un rendez-vous entre mon nom et une note brillante avaient eu lieu par le pur fruit du hasard, le tout recouvert de millier de personne applaudissant encore et encore, se levant pour rendre hommage à ce moment magique…
Cà y était, j’étais dans le pétrin. Moi qui ne souhaitais initialement aucune conversation, je nous dirigeais très habilement vers une polémique inutile et inintéressante au possible. Je restais fatigué et las de cette situation.
 « Mais là où vous allez, chez eux là, en Thaïlande, ils sont pas extrêmes, extrêmement je sais pas quoi ? Hein ? ».me lança t-il accompagné d’un sourire rempli d’orgueil et de stupidité.
Il me cherchait le bougre con ! Nos deux univers, nos deux sphères venaient de s’entrechoquées. Mon respect naturel pour l’autre me proposait d’ignorer ce mépris naissant. Mais au fond de mon être, la bête qui sommeillait, le mettait au même niveau qu’un Bernard-l’hermite.
Sa jubilation aurait pu me coller des plaques d’urticaire ou faire apparaître un furoncle géant au milieu du front. Mais tel le moine tibétain, je me concentrai sur ma respiration afin de la ralentir.  «Me transformer en taureau prêt à charger n’était pas la bonne solution » pensais-je.
« C’est un fait » lui dis-je.
Je ne pouvais m’empêcher de lui parler tel le baron parlant à ses serviteurs ou à sa descendance. Le sujet pour moi était clos.
« Vas mon enfant, mais préserves toi de ta grosse connerie. Imbécile, tu es né, petit homme tu es niais, au dessus de tout cela je resterai… »
Ces pensées poétiques de bas étages me permirent de me soustraire de cette situation pour le moins désagréable. Je me sentais rois, riche de la plus belle des âmes…
« Fouettes coché, emmènes moi rencontrer ma destinée et surtout, fermes ta putain de gueule ! »
Mais le chauffeur de taxis leva son glaive afin d’assener ce qui pour lui devait être un coup fatal : « j’ai pas fait beaucoup d’étude sinon je ne serais pas. Pour moi les choses ne sont pas arrivées facilement… mais un truc est sur, les études, ça rend pas plus intelligent et de toute façon c’est rempli de branleurs.
Vous, je suis sur que vous avez fait beaucoup d’étude. Hein que j’ai raison ? »
En une fraction de seconde toutes les scènes cinématographiques les plus violentes, les plus sanglantes allant du tranchage de gorge à l’ancienne jusqu'aux séances de torture accompagnées d’hurlements insoutenables me traversèrent l’esprit. J’aurais voulu répondre à cette question, à ce sourire imbibé d’arrogance avec une force surhumaine. J’aurais attrapé d’une main sa tête, de l’autre une jambe et je l’aurais déchiqueté en deux parties. J’aurais craché du feu afin d’enflammer les deux bouts de cet être répugnant…
Voilà, en plus d’être à moitié malade, j’étais maintenant de mauvaise humeur.
« T’es qu’une pute ! »Lui lançais-je froidement.
Avec le recul, je n’explique toujours pas ma réaction. Je ne voulu contenir plus longtemps cette troupe de chiens des neiges qui forçaient afin que je leur rende leur liberté. « Vous m’avez assez traîné, je vous offre le danger et l’intensité. Risquez vous, mettez vous en péril et redevenez les animaux sauvages que vous étiez… ».
Je rajoutai : « et une belle pute ! »
Mon rire explosa dans la voiture. Je l’interrompis brusquement et fixa cet homme dans ce même rétroviseur. Je ne riais plus, j’étais concentré à le regarder, j’avais avancé la tête et essayais comme un gosse de quinze ans de l’hypnotiser. Enfin, de prendre une posture qui aurait pu s’apparenter à celle d’un hypnotiseur de poulet.
Le taxi nerveusement bougeait la tête afin d’alterner un regard allant de la route à son rétro. J’entrouvris encore plus les yeux…
A cause de l’énorme fatigue qui avait blanchi mon visage, je devais ressembler à un chaman ou à un psychopathe. (La différence est-elle si évidente ?).
« Alors, qu’est ce que t’as ? T’as plus envie de me poser des questions ? Vas-y, je t’écoute mon petit poulet ».
Je venais de prendre le contrôle de la situation, le moindre centimètre cube de l’habitacle du véhicule était en ma possession. Tout cela était possible sans aucun effort ou plutôt en évitant tout effort. De la même manière qu’on acquière du courage en buvant un certain nombre de whisky, j’avais décuplé ma puissance sur l’autre, je ne pensais plus aux moyens d’arriver a mes fins mais uniquement à mon souhait immédiat : que ce petit bonhomme ferme son claque merde !
« Bon…, c’est mieux ».lui dis-je en me renfonçant dans mon siège.
Ma réaction avait été tellement inattendue que le taxi en avait perdu ses moyens. Ne sachant comment répondre, il paraissait comme médusé, peut être tout simplement très effrayé.
Le reste du voyage fut agréable. L’ambiance que je percevais était conviviale, limite bonne...
Aucun mot ne fut prononcé.
 
Par Hessman
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Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 12:19
Après avoir payé et serré la main de mon ami dégarni, (je me permis même le luxe de lui faire un petit clin d’œil amical) il démarra avec empressement ignorant tous les clients potentiels qui lui faisaient signe de s’arrêter.
Admiratif, je rêvassais : « Quelle immense forteresse cet aéroport avec ses dragons tournoyant au dessus d’elle, quelle…quelle…oh Gabie, réveil ! On arrête la branlette bordel »
Je pris mon sac à dos géant, fit un check-up rapide du nécessaire pour voyager : « portefeuille bien rempli, billet d’avion, passeport non périmé, sac à dos sur mon dos et en avant Guingan ».
Il y avait énormément de mouvement, les gens paraissaient tous pressés, du moins occupés. Ce qui est assez étonnant vu que dans un aéroport on ne fait qu’attendre.
Je fis enregistrer mon sac à dos qui aurait pu contenir un cadavre de nain obèse. D’ailleurs, l’hôtesse en profita pour me faire payer un supplément à cause du poids de ce dernier. Pendant l’opération je remarquai que cette compagnie aérienne n’employait que des filles qui à défaut de travailler dans un aéroport auraient pu danser dans des boites de strip-tease. Elles étaient toutes magnifiques malgré leur tenue bleue qui les faisait ressembler à des pervenches. Quoi que, ça me rappelait des émois lointains devant certaines scènes d’un film avec Louis Defunes et ses gendarmettes, sans doute aussi « la schrtroumfette » bien auparavant.
Je m’interdis de rien tenter. Quelle phrase allait proposer une ambiance décontractée de découverte réciproque ?
La nervosité ne m’éclaircissait pas l’esprit.
Rêvait-elle aussi de me parler ? Peut être que je lui rappelais également une personne, un personnage qui l’avait fait fantasmer plus jeune : « Bobby Ewing », « Tom Soyer » ou tout simplement cette petite coquine avait-elle passé sa vie à la recherche de son « Gargamelle ».
« Allé Gabriel, trouves un truc à dire…putain de merde…elle va avoir fini de rédiger son bout de papier…heu…heu… ». Je l’examinais dans le moindre détail afin de trouver l’inspiration salvatrice…
Plus je l’examinais, plus je la trouvais sublime et plus difficile devenait la tache. Je sentais comme l’écho d’un sentiment de panique naître au fond de mon corps. Cette Aphrodite me glissait entre les doigts. Elle et ses longs cheveux châtains, ce visage d’ange sur ce corps d’une finesse éblouissante. Dieu l’avait crée pour être belle comme un soleil et au lieu de devenir aveugle devant elle, je demeurais muet. Je dégageais les ondes d’une grosse carpe débile. J’avais le charisme de l’homme invisible et la conversation de l’incroyable hulk.
« Et après ! »Pensai-je, hormis donner bonne conscience au macho qui sommeil en moi, qu’allait m’apporter un début de conversation avec cette fille. Mon avion était dans une heure, ma destination le bout du monde et mon retour imprévisible. Les perspectives que quoi que ce soit se passe paraissaient très improbables. Le seul dénouement favorable aurait été l’obtention de son numéro de téléphone afin qu’à mon retour…
Mais ou avais-je la tête ? Pourquoi rêver ou plutôt fantasmer de cette manière alors qu’une nouvelle réalité s’offrait à moi ? Ou plutôt que je m’offrais une nouvelle réalité, une page avait été tournée et il fallait que je le garde à l’esprit.
Elle me tendit les papiers, je lui tendis de l’argent, nous nous échangeâmes un sourire, puis m’apprêtant à quitter les lieux, je me retournai et lui dis : « vous êtes très jolie, dans d’autres circonstances je vous aurais invité à boire un verre mais comme vous le savez, un avion m’attend. J’espère qu’un jour nos chemins se recroiseront, au revoir ».
Je laissais cette princesse m’attendre dans ce désert. La tête haute, je lui tournai le dos et commençai de marcher. D’autres aventures m’attendaient…mais putain je l’aurais quand même bien sauté cette salope!
Après avoir subit un interrogatoire stupide afin d’être sûr qu’un terroriste m’avait aidé à faire mes bagages, après être passé saluer une bombe érotique et avoir glandé dans un coin d’aéroport, je faisais maintenant la queue pour embarquer dans l’avion. Je remarquai immédiatement une grosse majorité de personne asiatique. Dans un vol à destination de Bangkok, était-ce réellement étonnant ?
L’énorme file d’attente ressemblait à un gros bordel, le personnel au sol ne faisait rentrer personne mais les gens se sentaient obligé de se coller comme des ventouses.  « Et si le temps d’embarquement durait trop longtemps, que le pilote pressé d’arriver décidait de faire partir son avion arrachant le couloir d’embarquement du même coup ! Effectivement, si cela était probable, alors mettons nous une pression utile pour être sûr d’être a bord d’un engin dirigé par un pilote fou. »
Mes amis d’Asie passait le temps en parlant, sans cesse, cette langue qui à dire vrais ne m’était pas très agréable. Ses sons amplifiaient mon mal de tête déjà important. Je ne sais pas si c’était les sons ou la manière agressive de les projeter, de piailler continuellement. Bien évidemment, je comprenais rien et donc trouvais le temps légèrement long.
Je sentis des frottements dans le bas de mon dos, probablement le sac à main d’une femme ou l’appareil photo autour du cou d’un chinois (ce n’est pas de leur faute s’ils sont de petite taille).
Au bout de quatre ou cinq frottements supplémentaires je décidai de me retourner pour identifier la lourdeur.
Alors, comment dire ?
Il s’agissait bien d’un sac à main. Un très beau d’ailleurs, très  tendance, limite exubérant. Celui-ci était tenu non pas par une femme mais comment dire ? Une de ces personnes surfant sur les vagues de l’incertitude et de l’ambiguïté. Ces gens qu’on imagine très jeunes aussi bien jouant à la poupée qu’au mécano et qui pourraient conduire un range rover  pourpre.
Bon, une tarlouze quoi !
Pas l’homme dont la féminité ultra moderne, limite exemplaire fait des envieux parmis les séducteurs hétérosexuels « old school » (qui eux ne peuvent s’empêcher de miser sur de gros bras pour suggérer de grosses couilles).
Non, la Tarlouze, le travelo, le mutant venant d’une autre planète, la planète tarlouze.
J’avais dans mon entourage des amis homo que j’appréciais beaucoup, mais je ne comprenais pas ces créatures, ces travestis avec lesquelles je ne savais même pas comment communiquer. Devais-je dire, madame ou monsieur ?
Le travesti était-il « elle » ou « il » et cela pouvait-il changer comme les escargots ?
Y avait-il des codes pour déterminer le sexe ? Si oui, de quel sexe parlait-on ? Le sexe de la personnalité ou le contenu du panier ?
Beaucoup d’interrogations qui ne déclenchaient aucune animosité de ma part mais qui me rendaient distant car la complexité résidait dans bien plus qu’une histoire de langue.
En me retournant, je remarquai tout un petit groupe. Ils étaient quatre, tous sortis d’une autre dimension, sauf un. La plupart avaient des cheveux immenses et certains s’étaient même fait des brushings géants. La mode devait être à la jupe très courte et en les regardant de plus prêt, j’avais l’impression qu’ils s’habillaient comme ma mère ou mes tantes dans les années soixante.
A l’instar du wagon d’asiatique, ils ou elles donnaient tous ou toutes l’impression de bien rigoler. J’avais le pressentiment que je n’allais pas me faire chier dans cet avion.
Le tripoteur faisait semblant de ne pas remarquer ma curiosité. Son comportement espiègle m’amusait. Dès que je tournais le dos, son sac à main venait au contact de mon cul et dès que je me retournais, il éclatait de rire en faisant semblant d’être en pleine discussion avec ses amis. Nos regards se croisaient et rien n’y faisait, son jeu lui plaisait.
Après cinq minutes, me mettant de profil, il comprit aisément que son manège avait assez duré. Il n’insista pas et les choses reprirent leur cours.
Par Hessman
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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 10:05
Je trouvai ma place dans l’avion. Vu ma situation, il ne fallait même pas que je pense voir un filme pendant le trajet. Seul satisfaction, je bénéficiais des avantages d’un hublot.
Un homme arriva précipitamment. Son bagage à main et son costume en lin blanc laissaient imaginer qu’il était représentant de commerce dans le textile ou homme d’affaire dans le milieu de la mode. Ses yeux clairs et sa chevelure blonde au carré parfaitement organisée lui donnaient une allure très soignée et très classe.
Il rangea sa mallette et me tendit la main : « Si nous devons passer quelques heures l’un à coté de l’autre, Jean-Alexandre DELESPINOIS, enchanté de faire votre connaissance jeune homme ».
Nous nous présentâmes puis je le vis aller parler à deux des jupettes-brushing dont mon tripoteur qui était trois rangs derrière nous. Ils conversèrent pendant un bref instant, et mon voisin revint s’installer énergiquement après avoir méticuleusement plié sa veste.
Il paraissait légèrement excité et soucieux.
Je lui demandai : « vous allez en Asie pour affaire je présume ? ». Je reparlais comme un baron !…il fallait que je rectifie cette timidité qui pouvait me faire passer pour quelqu’un de froid. (Et surtout pour ce que je ne suis pas, un coincé du fion)
Et je rajoutai : « on pourrait se tutoyer ? »
Il sourit et me répondit : « bien sûr Gabriel, c’est bien Gabriel ton prénom ? »
Nous entamâmes une conversation qui sembla le détendre. J’appris qu’il travaillait effectivement dans la mode et qu’il s’agissait pour lui d’un voyage professionnel important. Il me parla d’une dimension idéologique recherchée. Là, je dois avouer que pendant cette explication, vu que je ne comprenais rien, mon attention se focalisa plutôt sur des conneries futiles d’ordre esthétique ou comportementales que sur le sens de ce qui était raconté.
 « Ah bon ! C’est incroyable, mais jusqu’ou ira t-on ? » Répondis-je l’air intéressé.
Je lui demandai : « mais derrière nous ce sont des collègues les… ». J’avais toujours cette difficulté à les qualifier car je ne voulais aucunement blesser qui que ce soit.
« Les…gens à qui vous avez parlez ? »
Il remarqua ma gène, cela l’amusa et il m’expliqua : « ce sont l’ensemble de mes employés, ce sont les meilleurs, de véritables tueuses ! »
Il ne put contenir son rire. Je ne retins donc aucunement le mien. Ce que je ne pouvais imaginer, c’est que les raisons étaient bien différentes…
Par Hessman
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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /Juin /2007 10:12
Je marchais dans une rue déserte, un silence parfait rendait l’atmosphère particulièrement oppressante. Les immeubles qui m’entouraient me privaient de luminosité et me donnaient l’impression d’être emprisonné.
Cette rue était un véritable couloir géant. Aucune alternative n’apparaissait, je devais continuer tout droit, marcher, suivre cette unique direction. Mon malaise allait en s’intensifiant, j’aurais voulu croiser qui que ce soit, quoi que ce soit mais non, rien.
Résigné, je levai la tête pour rompre le cycle hypnotique de cette longue ligne droite. Je vis plusieurs formes dans le ciel, je ne pouvais les distinguer réellement. Au fur et à mesure Ils grossissaient, je compris qu’il s’agissait d’étranges oiseaux, non, pas d’oiseaux, mais d’hommes ailés…
Ces êtres poussaient des cris inhumains qui me glaçaient le sang. Ils se rapprochaient, ma terreur s’intensifiait, je ne pouvais fuir ou me cacher. Instinctivement je poussai un hurlement de bête enragé pour les effrayer, mais en vain. Je baissai la tête et vis au sol une arme étrange dont je connaissais l’utilisation… Je la pris, elle devint le prolongement de mon bras. Envoyant des rafales mélangeant des éclaires et des flammes, je les vis tomber les uns après les autres de ce ciel aux couleurs dès lors de feu et de sang. Je jubilais, cela devenait orgasmique, j’avais déchaîné les enfers !
Une fois mon œuvre terminé, je m’approchai lentement de ces corps brûlés et déchiquetés. Un seul de ces êtres ailés bougeait encore. Je vains à sa hauteur, il se retourna : son visage était celui du tripoteur.il semblait vouloir faire bouger ses longues ailes carbonisées, mais en vain. Il m’implorait de ne pas l’achever. Je me vis dans le reflet de ses grands yeux en larme, je voyais un démon !
 
Par Hessman
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 08:44
Je sortis assez violemment de mon sommeil. Il me fallut un court instant afin de reprendre mes esprits…
Mon voisin n’était pas à sa place. Probablement était-il parti tailler une bavette avec ses copines. L’avion n’avait toujours pas bougé et chose étrange, il n’y avait aucun bruit. Pas de bruit de moteur d’avion, pas de bruit d’asiatiques piaillant en continue…
Je me frottai les yeux et me leva. Plus une seule personne, l’endroit était désert. 
« Eh !s’il vous plait ! » m’écriai-je.
Pas de réponse.
Je me dirigeai vers un autre compartiment de l’avion. La colère montait en moi, comment pouvait-on délaisser sa clientèle ainsi ?
Arrivé dans l’autre partie, celle-ci était également déserte.
« Mais putain, c’est quoi ce cirque ! » criai-je.
Maintenant déterminé à ne pas laisser passer l’incident, je me dirigeai vers le coque pite. Aucun bagage, aucune affaire n’avait été laissée sur place. L’avion avait dû être évacué d’urgence et bizarrement cela n’avait pas affecté mon sommeil.
 « On se moque de moi » pensais-je
Je marchai de plus en plus vite tout en inspectant les lieux. « Mais putain, il n’y a personne ».
Une impression d’ultra propreté régnait, c’était sans doute lié à ce silence si parfait. Mais quelque chose d’autre me gênait…
Je n’arrivais pas à identifier cette gêne. Je stoppai ma marche immédiatement. « Qu’est ce qui n’allait pas ? » plus calmement je fis un tour d’horizon, je cherchais, je m’interrogeais, « où est-ce que ça cloche ? »
Je fermai les yeux et me concentra. L’inquiétude mêlée à la curiosité me troublait.
Je ne sentais rien.
Je ne sentais plus rien.
Il n’y avait aucune odeur !
Dans ce genre d’endroit, les odeurs, ce n’est pas ce qui manque. Certains produits de lavages embaument toujours les avions. Dix minutes avant, celui-ci était rempli et maintenant plus personne, une absence totale d’odeur et un silence, un silence absolu.
Une panique légère me gagnait, je courus jusqu’au bout de l’allé afin de sortir de cet endroit. Le sas n’avait pas bougé, il fallait que je change d’air.
Je revins là ou auparavant des centaines de gens avaient patienté, l’endroit était désertique. Les dizaines de rangs de siège étaient vides. Les bars, les restaurants, les boutiques ne vivaient plus. La salle immense semblait s’être éteinte, la vie avait quitté les lieux.
Que s’était-il passé ? Où était tout ce monde ?
En regardant à travers les baies vitrées, la vision la plus surréaliste qui m’ait été donné de voir me paralysa sur place. Dans le ciel, fondu dans le bleu de ce dernier et de ses nuages, un avion se tenait parfaitement immobile. Quel spectacle extraordinaire ! Le tout ressemblait à une photo tellement l’ensemble était figé. Les autres appareils au sol n’exprimaient également aucun mouvement.
Je me mis à appelé, que dis-je à hurler, de plus en plus fort avec de plus en plus de rage. Un sentiment de claustrophobie intense s’emparait de moi. Je devenais fou, il fallait que je reprenne le contrôle, que je me calme, tout ça disparaîtrait et ne serait qu’un horrible cauchemar.
« Réveilles toi, tu dors, tu ne t’es pas réveillé, sors de cette merde ! »
Je m’écroulai à terre et me mis à pleurer comme un enfant, j’avais peur et il fallait que tout ça cesse, mais la pire angoisse me rongeait, me faisait ressentir ce néant.
Recroquevillé sur moi même, j’aurais voulu ne plus exister, ces images, cette atmosphère, cet instant pathétique, tout cela me terrifiait.
« Gabriel ! Et ! Gabriel ! » Une lueur d’espoir apparut, Je connaissais cette voix.
Un homme se tenait à l’autre bout de l’aéroport, il continuait de m’appelé.
« Viens, rejoins nous, nous sommes ici »
Partant en courant dans la direction de la voix, il me fallais la rejoindre. Elle était l’oasis dans ce désert, ma survie, mon équilibre.
Plus je m’approchais de mon but, plus les formes devenaient distinctes. Arrivé à une centaine de mètre, je reconnus mon voisin, il s’agissait de ce mec, Jean-Alexandre Delespinois. Devant lui, plusieurs choses au sol que je ne distinguais pas encore.
« Alors, je ne t’ai pas manqué ? » me cria t-il.
Cette question fût d’un grand réconfort.
Je lui répondis tout en m’avançant : « c’est quoi ce truc ? Qu’est ce qui se passe ? »
Tournant légèrement la tête, je me sentis observé…j’avais l’étrange sensation que quelqu’un se cachait.
Reprenant ma marche, je découvris avec stupeur qu’il s’agissait de corps gisants et je les connaissais. Ils étaient à moitié carbonisés, je savais pourquoi, c’est moi qui les avais brûlé. Ils s’agissaient des créatures de mon cauchemar et les trois cadavres gisaient devant Jean-Alexandre.
«- mais c’était un rêve ! »
Il éclata de rire, mit les bras en croix et leva les yeux au ciel. Ces longs cheveux blonds semblaient avoir poussés, ils tombaient maintenant dans son dos. Les traits de son visage étaient différents, plus fins. Son regard plus perçant. Il dégageait une sensualité et un charisme inouï.
« - tes rêves sont meurtriers Gabriel. Tu devrais apprendre à contrôler ta peur. Quoi que ce résultat m’impressionne. De ta peur est née une puissance, c’est bien mais le résultat est là. »
Il me montra d’un geste délicat les trois corps et rajouta :
« - vraiment impressionnant …
-         attends je comprends rien à rien, ou sommes nous ? qu’est ce que je fais là ? c’est quoi ces choses, pourquoi t‘es ici ?
-         oui tu ne comprends rien. Cette avalanche de question ne peut avoir d’échos. Mes amies ne sont plus et toi tu es ici, pleurant, paniquant, me posant mille questions alors que la plupart des réponses, tu les connais déjà, mon ami.
-         Je ne suis pas ton ami, on ne se connaît même pas, ces êtres, je les ai tués dans un rêve et je suis certain que je vais me réveiller d’un moment à l’autre. »
Il me lança un regard rempli de tendresse.
« - que de certitude, c’est remarquable. J’apprécie cette interprétation.
-         de quoi tu parles, qu’est ce qu’on fait.
-         Qu’est ce que tu fais ! moi je ne suis qu’une image de ton obscurité, c’est toi qui m’as convaincu. N’étais tu pas à la recherche d’une nouvelle vie, ne voulais tu pas changer le cours de ton existence minable. Seul avec ton mal être, tu n’étais qu’un échec. »
Ses paroles me firent l’effet d’une mise à nue. Il connaissait des éléments de ma vie que je n’avais jusqu'à maintenant partagés avec personne.
Il rajouta : « ne t’inquiète pas, tu récupéreras ton sens de l’humour, ton goût de la dérision, bien plus encore… »
J’étais sans défense face à lui. A chaque échange il semblait avoir l’avantage. Le jeu était complètement inégal.
« - que veux-tu ? » lançais-je péniblement dans un soupir.
«  - ce que je veux, simplement retrouver mes amies que tu as anéanties
-         mais c’est trop tard, le mal est fait, je peux plus… il m’interrompit :
-         tu peux plus quoi ! Tout reste à faire, l’avenir est pour nous, l’avenir est pour toi Gabriel. Tu vas te réaliser, tu me le dois. »
Il me remontra à nouveau les trois corps brûlé gisant au sol et dis avec un ton amusé :
« - imbécile, tu es né, petit homme tu es niais, au dessus de tout cela je resterai… tu aimes ce genre de poésie Gabriel, tu te souviens ? Alors écoutes la mienne : mes amies sont morts, à raison ou à tort. Les ramener à moi, tu me le dois. Pour chacune d’entre elles, une âme s’éteindra. Alors enfin, tu te révèleras. »
A la fin de son monologue, sa voix avait changé et son regard s’était durci. Il ne semblait plus s’amuser. Il dit alors :
«  - c’est toi Gabriel, uniquement toi. Ta vie va enfin t’appartenir, deviens ce que tu as toujours été, cesses de jouer… »
Je ne savais plus quoi dire, ces paroles me parlaient tout en me dégoûtant. Beaucoup d’émotions se mélangeaient, la culpabilité, l’incompréhension, le désarroi et surtout une fascination étrange.
Jean-Alexandre ouvrit grand les yeux et répéta :
« Gabriel, cesses de jouer…cesses de jouer… cesses de… » Il le répétait inlassablement, sa voix se perdit au fur et mesure dans un écho de plus en plus important. Ses yeux devenaient lumineux, de plus en plus lumineux, ils brillaient de mille feux par intermittence. Je ne pouvais plus supporter ces astres de lumière intense. J’étais ébloui, je me protégeai à l’aide de mon bras pour ne pas devenir aveugle. Tous ces rayons lumineux devenaient agressifs, ils voulaient pénétrer mon esprit mais je luttais. « Encore et encore…encore et encore… »
Par Hessman
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 09:50
« Par ici ! Eh ! S’il vous plait ! Juste une seconde »
Des dizaines de voix m’appelaient, les rayons lumineux avaient diminué. J’entendais une véritable cohue. Je baissai le bras et rouvris les yeux lentement. Un parterre de photographe me mitraillait, les flashs fusaient, des caméras étaient fixées sur moi. A ma grande surprise, une foule m’entourait. J’étais la proie d’une horde de gens déchaînés.
« S’il vous plait, quand avez compris que leur décision d’aller jusqu’au bout était prise et ce quoi qu’il arrive ? » plusieurs micros me faisaient maintenant face. « De quoi parlaient-ils ? Que me voulaient-ils ? »
Après quelques minutes de chaos, je pus identifier l’endroit, nous étions vers la sortie de l’aéroport.
Une femme me prit par la taille, me tira en arrière : « venez avec moi Monsieur HESSE »
Je la suivis, des policiers nous escortèrent jusqu'à un véhicule de police. A l’intérieur deux hommes en costume nous attendaient, l’un à l’arrière me fit un signe de la tête et l’autre assis au volant, restait immobile. Je m’installai à côté du premier et la femme se mit à ma droite et ferma la portière, la voiture démarra en faisant hurler son gyrophare.
Deux autres véhicules nous encadraient. Le convoi allait à vive allure, la femme me demanda :
« Vous tenez le coup ? Ne vous inquiétez pas, juste quelques questions et on vous laissera vous reposer. »
Après un silence de plusieurs minutes, je ne pus contenir ma curiosité :
« - où va-t-on ? Et pourquoi tout ce cirque ?
-         de quoi parlez vous ? répondit-elle avec étonnement.
-         Qu’est ce que je fous là enfin ? »
Elle resta bouche bée…
Après un court instant et un échange de regard avec son acolyte, elle reprit :
« - Après un tel évènement, je comprends que tout cela vous paraisse insupportable et que vous souhaitiez rester tranquille mais je vous le répète, dans une heure ou deux vous pourrez aller vous reposer et décompresser.
-         ok, ok, attendez… je voudrais comprendre ce qui se passe : Qui êtes vous et pourquoi je suis là et ou allons nous ?
-         je suis désolé Monsieur HESSE mais je ne vous suis plus. »
« Putain mais elle est con celle-là, bon je vais me calmer et reprendre » pensai-je.
Je soufflai et repris :
« Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas ce que je fais ici et je vous avouerais que cette situation m’angoisse autant qu’elle m’emmerde. Moi, ce que je voulais c’était prendre un avion pour aller à Bangkok, au lieu de ça j’ai vécu un cauchemar de fou et maintenant je suis ici. Vous me dites que vous me poserez des questions, je ne sais pas ou vous m’emmenez et de quoi vous voulez parler ! »
Enfin, au vu de l’étonnement général que je lus sur leur faciès, j’eus le sentiment que mon incompréhension totale de la situation était maintenant claire !
Ils échangèrent quelques mots puis elle sortit un portable. Ma petite voisine à la tête de fouine appela un dénommé AZVOUTE à qui elle donna rendez-vous. Elle me dit avec beaucoup de compassion :
« Nous sommes bientôt arrivé, détendez vous, nous sommes officier de police, vous devez subir le contrecoup d’un choc émotionnel, tout va rentrer dans l’ordre. »
La situation ne me laissait pas beaucoup d’alternative.
« -    arrêtez la voiture. » Demandai-je calmement
« -    Monsieur HESSE, on est bientôt arrivé, ça va bien se passer.
-         arrêtez la voiture !
-         nous sommes au milieu de nul part, dans cinq minutes vous rencontrerez le Docteur AZVOUTE, tout va rentrer dans l’ordre… »
Je ne lui laissai pas le temps de finir et ouvris brusquement la portière. Une idée m’obsédait, quitter ces gens, partir !
J’étais vautré sur cette femme et essayais de sauter hors du véhicule. Elle criait et me retenait, son collègue en faisait de même. La voiture avait maintenant ralentie et zigzaguait. Je tournai la tête et vis avant de me le prendre un gros poing serré, après plus rien…
Par Hessman
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 20:10
Ma tête me pesait, une lueur lointaine m’attirait, peut être étais-je mort ? Ou bien étais-je encore dans un de ces rêves délirants. Mes paupières fermées se mirent à trembler, je reprenais conscience, doucement, très doucement. L’invraisemblance de tous mes souvenirs proches me donnait envie de prolonger l’instant.
Je rouvris les yeux, j’étais allongé. Un matelas épousait l’ensemble des formes de mon crane, de mon dos, de mes fesses et de mes jambes. Je reprenais contact avec mon corps, progressivement, partie après partie.
Mes bras et mon buste étaient attachés, quelqu’un n’avait pas aimé ma nouvelle vocation de cascadeur. Je soulevai avec douleurs ma tête afin d’observer les lieux : la chambre blanche revêtait des matelas sur l’ensemble des ses murs, croyaient-ils que je me prendrais pour un bélier ?
« Bande d’enculés ! »Pensai-je. On m’avait ficelé comme Gulliver. Aucun meuble, aucun objet, et surtout aucunes difficultés pour comprendre que j’étais probablement dans un asile de fou. Le genre d’endroit où je pourrais me prendre pour une grenouille pendant cinq à six ans sans que ce soit exceptionnel. Une maison pour les dingues, un zoo pour maboule.
Au vu de mes expériences récentes, j’étais sans doute à ma place. Tous ces cauchemars, cet aéroport, les tarlouzes qui volaient, l’ange blond à moitié déglingué, putain, mes plombs avaient littéralement explosés. Durant une soirée, une drogue avait dû m’éclater à un point inimaginable. Il faudra penser à remettre une décoration à ce chimiste.
Bon, l’essentiel étant de retrouvé un minimum de raison et de déguerpir au plus vite de cet aquarium pour poissons exotiques. La place étant chaude, chaque chose à sa place, il fallait passer le relais à un vrai sprinter. Afin de mettre un maximum de chances de mon côté, je devais jouer la carte de la raison et de la sérénité. Ne souhaitant pas à nouveau faire de coups d’esclandre, je préférai continuer une sieste que de me remettre à m’agiter comme un habitant des lieux.
Des calmants avaient dû mettre administrés car malgré la lourdeur de la situation et mon état global, je me sentais étrangement bien, ou plutôt cela ne dérangeait pas autant que ça. Je me branlais de tout, de cet endroit, de la suite des évènements, des psychiatres que j’allais probablement rencontrer. L’important venait de se déclarer : j’avais une énorme érection. Avec des médecins, traînent toujours des infirmières, peut être des jolies nues sous leur blouse ?
« Oui, venez me parler, occupez vous de moi, je suis malade… »
Cette vision me permis de m’endormir avec le sourire, j’étais heureux.
La porte s’ouvrit, un homme assez âgé entra. Il ressemblait à un vieux scientifique. Son visage était jovial et son allure bonhomme. Il s’approcha et me demanda :
« - alors la nuit a été bonne Mr HESSE ?
-         très bonne merci.
-         Je m’appèle Dominique AZVOUT, je suis médecin psychiatre et vous êtes dans ma clinique. Je suis désolé qu’on ait dû vous attacher mais les policiers m’ont dis que vous étiez un peu agité.
-         Oh trois fois rien, vous savez les policiers exagèrent souvent.
Il sourit et reprit :
-         il vous a fait une belle bosse sur le front, ça va, ça ne vous fait pas mal ?
-         non vu que vous m’avez probablement shooté comme un éléphant, je dois vous avouer que je ne sens plus grand-chose. Serait-il possible qu’on me rende ma liberté, au moins qu’on me détache ?
-         et bien c’est à dire qu’on comptait vous torturer un petit peu mais uniquement pour se divertir… Non je plaisante, bien sûr, je vais vous envoyer une infirmière.
-         Ah oui, une belle célibataire nue sous sa blouse s’il vous plaît…Je plaisante également. 
-         Nous nous revoyons plus tard Mr HESSE
Nous échangeâmes un sourire, il fit demi-tour et partit de la chambre. Il laissa la porte entrouverte, nous n’étions pas seul, j’entendais beaucoup de voix et de bruits à l’extérieur. Ce sorcier de l’esprit m’était très sympathique. Quitte à me faire disséquer le cerveau autant que ce soit par une personne qui m’inspire. Je ne savais si c’était l’effet de médicaments ou autre mais je me sentais vraiment bien, je me sentais fort, très fort.
Afin d’abréger mon séjour, je décidai de ne rien dévoiler à propos de mes délires oniriques. Je décrirais uniquement un grand passage obscur, une perte de mémoire, voilà tout. Par contre j’étais assez impatient qu’on me raconte ce qui s’était réellement passé.
Deux infirmières firent irruption dans ma chambre, enfin dans cette salle. Elles entrèrent en bavardant :
« - après tout, moi je m’en fous. » Elle s’interrompit et dit :
« - bonjour, je suis Caroline, je vais vous conduire à votre chambre. Me dit cette jolie brune.
Je rajoutai :
-         c’est dommage, je me sentais bien ici. En plus j’avais toujours rêvé de me faire attacher à mon lit comme une bête.
-         Vous êtes un plaisantin Mr HESSE. Vous savez, c’était pour votre sécurité. »
Tout en parlant elle desserra les sangles. L’autre revint avec un fauteuil à roulettes, je rajoutai :
«  - ha, mon carrosse. J’espère que vous êtes en forme, j’ai l’habitude de conduire vite. »
Les deux infirmières éclatèrent de rire. Elles semblaient apprécier mon humour. Bon elles ne ressemblaient pas exactement à ces infirmières de téléfilms érotiques mais j’avais de l’appétit…
Sandra et caroline me conduirent dans une véritable chambre, avec des fenêtres, des placards et des murs vierges, enfin je veux dire sans matelas.
« Le lit me paraît petit pour qu’on puisse dormir à trois dedans, non ? »
Les deux jeunes femmes ne paraissaient pas déranger par mon comportement, elles se contentaient de rire. « Je devrais me battre plus souvent et me prendre plus de coup de poing dans la gueule, ça me réussie. » pensai-je.
Je ne ressentais aucunes inhibitions, comme dans ces fins de soirée bien alcoolisées ou bien cocaïniques. Les deux femmes mirent tout en ordre, moi par la même occasion. Après cinq minutes, elles me donnèrent les dernières recommandations et quittèrent les lieux. Je me retins et ne leur collèrent pas de mains au cul en guise de remerciement. « Non, qui veut aller loin, ménage sa monture... »
C’était probablement un mélange de médicaments et de profond sommeil qui m’avait mis en très grande forme. Bon, pour ce qui était du voyage, j’avais un peu de retard mais l’important était là. Physiquement, tout allait bien et mentalement je pétais le feu.
Le reste de la journée se déroula agréablement. Vers dix neuf heure, un autre docteur vint avec mes deux infirmières et nous partîmes faire un check-up complet. On me ramena dans ma chambre en fin de soirée. Sur le chemin du retour nous croisâmes un type à l’air étrange, probablement un déganté, il paraissait terrifié. Il n’avait de cesse de me fixer. Je lui fis un sourire du haut de mon lit à roulette mais cela ne changea rien. Une des infirmières dit :
« Tu t’es perdu Josh ? Qu’est ce que tu as ? Allez viens »
Elle partit avec ce dernier pour le ramener dans ses quartiers probablement. Je le vis tourner la tête, continuant de m’observer tout en s’éloignant.
Une fois arrivé dans ma chambre, je me rendormis sans l’ombre d’un problème, je ne fis aucun rêve….
Le lendemain matin, j’avais rendez-vous avec Azvout le magnifique. Je souhaitais que l’on éclaircisse certaines zones d’ombre, cette rencontre me réjouissait.
Une fois que je fus installé devant son grand bureau, il vint et s’assis en face de moi également sur un bon fauteuil en cuir. L’endroit était très clair et spacieux, il se dégageait une atmosphère qui me plaisait.
Il avait une bonne bouille le professeur maboule. Il me demanda calmement :
« - comment vous sentez vous Gabriel ?
-         très bien merci et vous ?
-         bien. Les deux infirmières qui s’occupent de vous m’ont dit que vous ne leur avez posé aucune question. C’est mieux, le temps que vous vous reposiez et que vous repreniez vos esprit.
Je le regardai sans rien dire. Chacun de ses mots, chacune de ses intonations me parvenait avec clarté, nous étions sur la même longueur d’onde. Je plissai les yeux et attendit :
-         avant l’épisode dans le véhicule de police, de quoi vous souvenez vous Gabriel ?
-         je venais de m’installer dans l’avion et j’attendais
-         d’accord, pourriez vous détailler un peu plus je vous prie
-         et bien rien de spécial, je venais de monter à bord, ma place était à côté de celle d’un homme qui travaillait dans la mode. Il paraissait courtois, voilà. Après plus rien.
-         Courtois mais encore. Vous souvenez vous de quoi vous avez parlé ?
Soudain mon regard se dirigea vers une partie de son bureau, là ou il y avait des tiroirs. Je me concentrai légèrement et compris.
-         Docteur, pour quelle raison enregistrez vous la conversation ?
Azvout parût extrêmement surpris.
-         comment le savez-vous ?
Que lui répondre, même moi je ne me l’expliquais pas. En une fraction de seconde une réponse me vint :
-         votre dictaphone fait un léger bruit. Je suis désolé mais j’ai toujours eu une ouie extrêmement développée ... un véritable loup.
Il parut troublé, le silence qui suivit, je pense qu’il l’utilisa à essayer d’entendre quelque chose.
-         Gabriel, vous m’étonnez vraiment mais bon passons, je vais vous expliquer : cet enregistrement est destiné à la police. Deux choix s’offraient à moi : soit cet entretien se déroulait en présence de deux agents du service de renseignement du ministère de l’intérieur, soit je devais l’enregistrer pour qu’ils puissent faire leur travail. J’ai pensé vu que la dernière fois que vous vous êtes croisé, ça s’était assez mal passé que vous préfèreriez cette option. De toute façon je vous l’aurais dis à un moment ou à un autre.
-         Ok Docteur, mais il faudrait que vous arrêtiez de prendre des pincettes avec moi. Je vais bien, je me sens bien. Je n’ai pas de problème a part cette petite amnésie.
J’avais changé de ton. J’en avais marre d’avoir le rôle de la victime.
-         d’accord, c’est compris Gabriel. Il marqua un petit temps mort et reprit :
-         Ce que vous appelé une petite amnésie a duré trois jours. Trois jours durant lesquels vous et le reste des passagers et membre d’équipage avaient été pris en otage. Votre avion a été détourné, cinq personnes ont trouvé la mort dont deux membres du personnel de bord et trois des ravisseurs. Seul le chef de ce commando a survécu en partie grâce à vous. Vous l’avez neutralisé et empêche de faire exploser l’avion.
Je restai immobile, incapable de penser à quoi que ce soit, incapable de réagir, j’étais comme absent. Tout ce récit m’avait subitement transporté durant une courte minute. Je ne voyais plus, je n’entendais plus, je n’étais plus. La voix du Docteur me ramena progressivement dans le réel :
«  - Gabriel, Gabriel, vous allez bien ? Vous voulez vous reposer ? On peut reprendre plus tard.
-         non, non je vous écoute, je suis…
-         oui vous êtes ?
-         un peu assommé mais c’est bon, continuez
-         ce dénommé Jean-Alexandre Delespinois appartient à une secte radicale né en Europe. Ces gens mènent des actions pour attirer l’attention sur le traitement barbare à l’encontre des homosexuels dans beaucoup de pays du moyen orient et bien d’autres. Enfin c’est leur discours officiel de propagande mais dernière ça, il y surtout une bande de tordues qui développe des thèses sur la place des homosexuels sur terre, dans la société, à propos d’une soit disant supériorité... Il y a un arrière goût qui rappèle certaines périodes noires de l’humanité. Ce détournement est sans précédent, jamais cette secte n’avait été si loin. Ce commando de quatre personnes après avoir fait passer leur message avait exprimé leur détermination d’aller jusqu’au bout. Une bombe devait pulvériser l’avion, eux avec ! il s’agit d’information provenant des autorités  qui détienne Delespinois.
-         Mais comment se fait-il que vous ayez autant d’information ?
Bien évidement en posant la question, je devinais déjà la réponse :
«  - bon d’accord, jouons carte sur table, je suis médecin-psychiatre mais je travaille également pour les services de renseignement, enfin j’exerce mon métier dans différentes directions.
Il marqua un temps d’arrêt et reprit :
-         Nous  avions repéré l’activité de cette organisation mais ils nous ont posé beaucoup de problèmes d’infiltration, ne serait-ce qu’au niveau des identités, c’était très étrange : Delespinois a été repéré il y a quelques mois mais aucune informations concernant sa naissance, son origine n’existent, c’est le néant total.
-         voilà les bases de notre entretien sont maintenant plus seines. »
L’entretien dura à peu près une demi-heure. Il me raconta les évènements principaux de ces trois jours. De quelle manière les ravisseurs égorgèrent froidement un steward et une hôtesse afin d’affirmer leur détermination dès la prise de contrôle de l’avion. La divulgation rapide aux passagers et aux autorités d’informations concernant une bombe pouvant pulvériser l’avion. Leurs exigences de passer dans le maximum de journaux télévisés. La publication obligatoire de textes sectaires dans différents grands quotidiens. Ces dingues demandaient à pouvoir tout vérifier sous peine d’exécuter de nouvelles personnes. Ils avaient réussie à faire passer des fusils de guerre ainsi que des couteaux à bord. Ceci faisait partie des aspects mystérieux qui n’avaient toujours pas trouvés d’explications. Entre eux ils parlaient un dialecte inconnu qui n’avait pas pu être identifié et ce malgré la détention de Delespinois. J’en déduis que ce dernier leur donnait du fil à retordre.
Au milieu de tout ça, le plus troublant me concernait : pendant les trois jours de détention mon état de santé s’était dégradé très rapidement, si bien que j’étais tombé dans le coma le dernier jour. Vu les circonstances cela n’avait pas été le principal sujet de préoccupation. Azvout me raconta plus précisément le dernier quart d’heure :
« - les trois terroristes après avoir marmonné simultanément une sorte de prière dans leur langue étrange, ont retourné leur arme contre eux et se sont donnés la mort ! Seul le chef du commando, Delespinois resta vivant. Il hurlait des propos incompréhensibles en brandissant un fusil dans une main et un boîtier dans l’autre. Tout le monde avait réalisé rapidement qu’il s’agissait du détonateur de la bombe. Leurs témoignages convergent, Delespinois était devenu fou. Il ressemblait à un gourou illuminé et la situation était désespérée.
 « Celui qui a tout fait basculer, c’est vous Gabriel ! 
Bien que très étonné je lui demandai :
-         allez-y, dites-moi.
-         Par je ne sais quel miracle, vous êtes réapparu et vous l’avez interpellé. D’après l’ensemble des témoignages, vous l’avez interpellé dans cette langue inconnue, enfin vous paraissiez vous comprendre.…
Ce qu’il venait de dire m’intrigua au plus haut point. J’étais près à entendre beaucoup de choses mais je ne parlais que ma langue maternelle et un anglais très approximatif.
-         c’est impossible Docteur.
-         Nous avons consulté votre dossier et effectivement, nous sommes dubitatifs. Nous disposons d’un ensemble de renseignements, d’informations concernant chaque personne et d’après nos sources, nous n’avons rien concernant un apprentissage languistique que vous auriez pu effectuer ces dernières années. Pouvez-vous me le confirmer ?
-         Bien sur, je vous certifie que c’est impossible.
-         Je pense que vous êtes sincère Gabriel mais les faits rapportés par les personnes qui étaient dans le périmètre ou s’est passé la scène sont fiables à quatre vint dix neuf pour cents. Nous avons déjà eu des comportements similaires dans des cas extrêmes de torture, de pseudo envoûtement qui pouvaient s’apparenter plus à des troubles psychotiques graves, ou bien des personnes ayant approché la mort. Dans votre cas je n’ai pas encore d’avis, des idées mais pas d’avis. Enfin continuons.
Il regarda l’heure et reprit en consultant ce qui devait être un rapport :
-         donc vous l’avez interpellé. Vous auriez conversé avec lui pendant un court instant. Votre attitude à son égard aurait été très autoritaire, voir menaçante.
-         Je ne comprends pas grand chose …
-         Vous avez traversé l’avion en continuant de lui parler et vous êtes arrêté face à lui. Les passagers ont eu le reflex collectif de partir dans l’autre sens et de commencer de s’échapper par les portes de sortie. Il y a eu une véritable émeute qui a fait plusieurs blessés ; certaines personnes n’ont pas attendu l’installation des dispositifs de sécurité et ont sauté, mais bon pas de blessure grave. D’autres, plus curieux ou par manque de choix ont observé la scène à distance. Le plus incompréhensible reste à venir : les témoins racontent que Delespinois vous a donné son arme et a levé le détonateur en l’air comme s’il s’apprêtait à commettre l’irréparable. C’est alors que vous avez pointé le canon de son revolver sur son front. Je ne comprends pas trop le sens vu que s’il utilisait sa bombe, il serait mort avec tout le monde. Pourquoi vous donner l’arme en conservant le détonateur si finalement il avait eu peur de mourir ? Peut être pourrez vous nous éclairer ? enfin toujours d’après les témoins, vous vous êtes mis tout les deux à répéter dans cette langue non identifiée les mêmes paroles. D’après certains témoins, vous sembliez tout deux pleurer. Ça aurait duré deux ou trois minutes.
   -     Putain, j’ai aucun souvenir de quoi que ce soit. Lançai-je accablé !
-         On peut en déduire que c’est quand même grâce à vous si Delespinois n’a pas pu réaliser son projet macabre, mais bon finissons ; Donc à ce moment précis les forces d’intervention sont intervenues. Une fois à l’intérieur ils vous ont tous les deux neutralisé.
-         Les otages et les flics ont dû penser que je faisais partie des dingues non ?
-         C’est très étrange. Je ne vous cache pas qu’ont été utilisés assez tôt différents dispositifs afin de savoir ce qui se passait à l’intérieur. D’ailleurs c’est pour cette raison qu’à ce moment précis ils sont entrés. Vous concernant, jusqu’à votre réveil, il était impossible d’avoir des soupçons.
-         Mais Docteur, vous me racontai tout alors que je pourrais finalement faire partie des terroristes et avoir changé d’avis au dernier moment et maintenant jouer la comédie de l’amnésique ?
-         Oui tout à fait mais alors à quoi auriez vous servi ? vous n’avez fais que dormir pendant tout ce temps pour finalement braquer Delespinois avec sa propre arme et devenir un héros. Ça ne tient pas debout. De toute manière je ne suis pas ici pour mener un interrogatoire, je suis médecin et ce qui m’importe c’est votre état physique et psychique. Mes directives d’aujourd’hui sont claires : vous relater les faits tels qu’on me les a racontés, observer avec vous vos réactions. De toute façon, quel serait l’intérêt de cacher ce que l’ensemble des passagers ont vu et raconté. Je compte Gabriel sur votre entière collaboration !
-         Je pourrais me révéler dangereux ?
-         Mais pourquoi voulez vous représenter un danger, un danger pour qui et pourquoi ? Attendez Gabriel, ne vous en faites pas nous nous occupons de vous. Vous n’êtes pas dans une école primaire, vous êtes dans un centre spécialisé. Des gens dangereux, j’en ai quelques uns.
-         Oui…, je ne sais pas pourquoi je dis ça, c’est ridicule, ça n’a aucun sens.
J’étais troublé par toute cette histoire de fou. Azvout conclut :
-          Bon, je pense qu’on peut s’arrêter là pour aujourd’hui. »
D’une manière très synchro, à la fin de sa phrase la porte s’ouvrit, les deux infirmières firent leur entrée. Je crois qu’il avait voulu illustrer ses propos. Son message était passé mais bizarrement je m’attendais à ce qu’elles rentrent, à ce moment précis…
J’étais dans un état étrange. Partagé entre des zones d’ombre qui me mettaient mal à l’aise et une clarté d’esprit que je me découvrais.
Le reste de la journée se déroula calmement. Sandra et Caroline étaient au petit soin. Elles m’avaient apporté un tas de bouquins et de magasines inintéressants au possible. Je n’avais ni droit à la télévision, ni au téléphone, je me sentais un peu coupé du monde. De toute façon, les relations avec l’extérieur n’était pas ma priorité, ma vie intérieur était déjà trop mouvementée : mon souhait absolu était de comprendre, comprendre ce qui se passait.
Dans ce tumulte de tourments j’entendais le bruit de la lave au fond dans son volcan, une impatience grondait, je ressentais un désir sexuel immense.
 
Par Hessman
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