Samedi 23 juin 2007
Etendu sur un sofa, dans une salle majestueuse aux sculptures multiples, je les contemplais danser comme deux princesses. Les mouvements de leurs bras étaient d’une grâce remarquable, on aurait dit des serpents se laissant bercer par une musique légère et enivrante. Des couleurs scintillantes recouvraient certaines parties de leur corps à moitiés dénudé que je soupçonnais doux et rugueux. Cette danse du ventre rendait la silhouette de ces deux déesses si désirables. Leur regard de victime amusée cherchait à m’ensorceler, elles me souhaitaient, elles me désiraient en elles. Progressivement la musique s’intensifiait et en parfaite harmonie, la danse se faisait magnétique, les saccades devenaient plus explicites. Les allé-retour de leur bassins, de leur fesses si désirables révélaient en moi des pulsions de violences, pulsion que je voulais retourner sur ces deux femmes. Je fermai les yeux, un véritable volcan commençait son irruption dans les profondeurs de mon être, une force se concentrait et prenais forme au centre. J’explosais de désir, la mort n’était pas loin, je n’étais plus qu’une bête, une bête assoiffée de sexe, de sang, je voulais les pénétrer jusqu’à la mort. L’endroit n’avait pas d’importance. Le ciel, la terre n’étaient plus. Seul mon poignard et leur plaie n’existaient…
Rouvrant les yeux, nous avions changé d’endroit, je reconnus ma chambre d’hôpital. La lumière lointaine du couloir était parfaite pour admirer le spectacle en gardant ce qu’il fallait d’obscurité, Sandra se donnait corps et âmes à sa tache, ses cheveux frôlaient mon ventre. Je ressentais les caresses de sa langue sur le bout de mon sexe. Elle m’aspirait entièrement. Je vibrais au rythme de sa bouche, sa main fine et délicate tenait mon pénis et faisait partie intégrante de cette œuvre de plaisir. Une silhouette sortit de l’ombre et s’approcha du lit. Caroline était toute nue. Sa cambrure mettait ses seins en avant, je la désirais. Elle mit une main sur mon front, l’autre sur mon torse. Sa bouche vint au contact de la mienne, nous nous fîmes don d’un baiser mélangeant érotisme et dévotion extrêmes. Mon esprit ne souhaitait pas comprendre la situation mais juste la vivre jusqu’au bout.
Ses lèvres avaient quitté les miennes. Reprenant mes esprits, je m’aperçu que nous avions à nouveau changé d’endroit, je me retrouvais maintenant debout au centre de cette endroit somptueux. Ces deux merveilleuses filles allongées devant moi m’attendaient en s’enlaçant. Mon excitation avait atteint son point culminant. En baissant la tête, je découvris que mon corps était tout autre. La forme de mes bras, de mon torse, ma manière de me tenir. Mon grain de peau était très sombre et paraissait bien plus rêche. Ma morphologie de géant m’impressionnait, Je ressentais une puissance se dégager de moi. J’étais redevenu ce que j’avais déjà été.
J’admirai mes longs doigts aux ongles parfaits quand soudain leurs voix pénétrèrent mes pensées :
« Viens, viens, nous sommes à toi, viens, prends nous… »
Je les regardais s’embrasser en gémissant de plaisir. J’eu l’étrange sensation à cet instant d’être observé…
« Viens, qu’attend tu…nous sommes à toi »
 Je pris doucement le pied de Caroline, l’amena à moi sans efforts. Ces jambes écartées devant moi, elle était prête à m’accueillir. Mon premier coup de rein déclencha un véritable éclaire, des milliers de voix exultèrent. Les mûrs et le sol vibraient au rythme de notre étreinte maintenant commencée. Ma main droite caressait Sandra allongée à côté de nous. Je devenais une puissance qui absorbait toute l’énergie aux alentours. Au fur et à mesure que mon plaisir augmentait, je m’oubliais, je devenais le noyau de l’univers. Caroline avait les yeux révulsés. Sa bouche grande ouverte me dévoilait une langue dont je connaissais le parfum exquis. Mes gestes étaient devenus plus amples, plus rapides, plus violents. Tournant mon regard vers Sandra, je l’attrapai brusquement par le coup et la plaqua au sol comme si j’avais eu peur qu’elle ne m’échappe. Elle aussi m’appartenait. Notre accouplement était devenu bestial, le moment crucial arrivait, je ne contrôlais plus la situation. Je me souviens uniquement avoir hurlé de plaisir, ou plutôt beugler de plaisir. Revenant lentement à moi, la succulente Caroline respirait rapidement, elle sortait d’une véritable transe, le calme revenait. Sandra les yeux grands ouverts ne bougeait plus. J’enlevai lentement ma main de son cou, son corps restait inerte. Un effroi glacial me traversa. Elle était morte, j’avais pris sa vie !
 
 
par Hessman
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Lundi 25 juin 2007
Me dressant d’un geste soudain, j’eu du mal à contenir mon émotion. Essoufflé, je regardai le réveil qui indiquait cinq heure du matin. Les battements de mon cœur étaient rapides, des gouttes de sueur roulaient sur mon front. La peur était encore là, enfouie au plus profond de moi. Ces rêves qui se confondaient avec la réalité en étaient la source principale. L’incapacité de comprendre, mes repères partis en éclat, tout n’était plus qu’un tourbillon dans ma tête. Devenais-je fou ? Et finalement, pouvais-je encore assurément affirmer qu’un moment précis était un moment de réalité ?
Et cette présence, cette énergie nouvelle que je ressentais par intermittence, d’ou venait-elle ? M’appartenait-elle ? Et pourquoi je la craignais autant sans vouloir réellement qu’elle ne disparaisse ?
Trop de question face à un vide de réponse.
Encore un cauchemar, encore des images dégueulasses. Il fallait probablement que j’en parle à Azvout. Lui pourrait sans doute m’aider.
Je décidai de ne pas appeler d’infirmière. D’ailleurs, que pouvais-je leur dire ? Que j’avais fais un horrible cauchemar et que je me sentais mal. Que dans mon délire onirique je baisais et tuais des infirmières ! « Allons Gabriel, ce n’est qu’un rêve, rendors toi… »
Je fermai les yeux en essayant de penser à des choses agréables, mais là encore je me surprenais à me délecter d’images que ma morale m’interdisait. Mes repères reposaient dès lors sur un sol marécageux dont l’épais brouillard ne devait cacher que sables mouvants et végétation chaotique. Je luttais, je menais un combat sans véritables convictions. L’état de mon esprit pouvait s’apparenter à une chute libre sans fin. Je réussis tant bien que mal à m’oublier et à laisser filer un certain temps. Pendant ce repos, je me sentis à nouveau observer. J’étais pourtant seul dans une petite chambre, les volets étaient fermés …
par Hessman
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Mercredi 27 juin 2007
« Cinq, quatre, trois, deux, un. » Caroline fît irruption dans la chambre. Une fois de plus mon instinct m’avait prévenu. Je savais que quelqu’un rentrerait précisément à cet instant. Cela commençait à m’amuser. Très vite ma curiosité me rappela à l’ordre. Ce rêve si réel me donnait l’impression que je la connaissais mieux. Toujours si souriante, après m’avoir salué et vérifié que tout était en place, elle prenait le chemin de la sortie. Je voulais lui demandai, c’était plus fort que moi :
«  - Caroline !
-         oui…
-         vous avez passé une bonne nuit ?
Elle semblait un peu étonnée.
Probablement à cause de l’intonation de ma voix légèrement tremblante.
-         oui très bonne, pourquoi me demandez vous ça ? la votre a été agitée Gabriel?
Cette réponse simple me rassura. Je lui fît un large sourire et lui répondis négativement. Voilà, j’étais rassuré, je n’avais plus qu’à l’oublier, à enterrer dans un coin de ma tête ce souvenir macabre pour ne plus jamais le ressortir. La nuit de Caroline et de Sandra avait donc été une nuit banale, peut être même agréable.
Mon rêve de fou ne restait que le rêve d’un type au sommeil perturbé.
Azvout passa me voir brièvement dans la journée. Je saisis cette opportunité pour lui faire part de mon impatience. A part ses deux infirmières, un médecin, l’un ou l’autre gardien et lui, je ne voyais personne d’autre. L’étage où je me trouvais était désertique, la plupart des examens avaient lieu dans ma chambre et fin du fin, ma fenêtre donnait sur un jardin qui était plus décoratif qu’utilitaire. Mon unique descente au rez-de-chaussée fût pour mon entretien avec lui et sitôt celui ci fini, on me ramena dans ma chambre. Il m’avoua que cela faisait partie des consignes de sécurité.
«  - des enquêtes au plus haut niveau sont en cours mais d’ici peu de temps vous serez interrogé en ma présence par les services de police et à ce moment là, les choses vont sans doute changées. Mais pour l’instant nous restons avec cette organisation. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez aux infirmières. »
N’ayant droit à rien d’utile ou de distrayant, la liste de mes requêtes était vite vue.
«  - au fait, ma famille est-elle au courant de l’endroit où je me trouve ?
-         ne vous inquiété pas, ils sont tenus informé de votre bonne état de santé. Ils comprennent aisément la situation, tout va rentrer dans l’ordre Gabriel. »
Bon, je ne pouvais pas être complètement satisfait de ces réponses mais je m’en contentai parce qu’avant de partir, Azvout m’avoua qu’il y avait une chance que la police passe en toute fin de soirée pour que nous continuions l’entretien déjà entamé. Ce qui rendait la situation caustique était que mon état psychique et l’enquête semblaient complètement imbriqués. Alors, allait-ce être un entretien thérapeutique ou un interrogatoire ? Sûrement les deux…
«  - Docteur, je voudrais vous faire part de choses étranges, de trucs que je n’explique pas.
-         Gabriel, nous nous voyons avec ou sans la police ce soir, ça peut sans doute attendre quelques heures. »
Diriger une clinique de barjots ne doit pas être une tâche facile, mais son manque de disponibilité tombait mal. Raconter mes délires nocturnes à des flics était hors de question.
Un gardien restant dans le couloir à proximité de ma porte, J’étais cloué dans ma chambre. Assis en tailleur dans mon lit, je cherchais le moindre détail qui pouvait m’occuper. Tournant la tête de gauche à droite, j’inspectais les lieux. Même le moindre insecte aurait été la bienvenue. Mais l’endroit était lisse, fade, il n’y avait rien d’intéressant.
 «  Quelle nullité cette chambre de merde ! »
Je revins sur la pile de magasine qui était sensée me divertir. On me prenait vraiment pour un con. Ces lectures à propos de nature, de voitures et autres sujets exaltants m’ennuyaient au plus haut point.
« J’ai vraiment une gueule à me soucier de la flore dans les pays d’Amérique du sud ! »
Je me rendis compte que d’une manière très surprenante, j’étais en train de lire de biais une phrase minuscule sur une page qui se trouvait assez loin de mon champ de vision habituel. Cette prise de conscience interrompit ce phénomène. Très interloqué, j’essayais à nouveau mais la nouvelle tentative ne donna rien. Me concentrant doublement, je me remis à l’œuvre mais à part me faire loucher, ce qui rendait ma vue encore plus floue, le résultat fût un échec…
Un calme absolu régnait, dehors il faisait beau mais ne pouvant pas ouvrir la fenêtre, je ne pouvais même pas en profiter. Vraiment je me faisais chier comme jamais et dieu sait que je connaissais le sujet. J’ouvris la porte de ma chambre, l’homme qui était de garde me regarda l’air interrogatif. Je lui expliquai que je m’ennuyais tout seul sans occupation et que si cela ne le dérangeait pas nous pourrions faire un peu connaissance. Antonio se présenta. C’était un grand gaillard très costaud, sa manière de parler ne laissait pas sous-entendre un esprit brillant mais quelqu’un de simple mais néanmoins agréable. J’avais passé à peu près trois jours dans cet endroit et c’était la première fois que j’entendais le son de sa voix. Il me faisait penser à un militaire. J’avais eu l’opportunité pendant quelques mois de les côtoyer. Ces gens pour la grande majorité un peu crétin, se réclamaient sans cesse d’avoir un esprit pragmatique, un esprit carré. La volonté en général y était, mais le résultat souvent drôle me laissait perplexe. Ils faisaient correspondre un désir constant de pragmatisme avec une inadaptation totale à toute réflexion. Ce cocktail assez unique, je le retrouvai dans le regard vif d’Antonio. J’aurais tant désiré faire une partie d’échec avec lui, cela m’aurait permis de faire plus ample connaissance avec le petit génie caché au fond de sa grosse tête de bœuf. Je lui fît part de mon idée et chose exceptionnelle, il partagea mon enthousiasme.
«  - mais Antonio, tu connais les règles ?
-         j’y ai joué y a longtemps avec des potes, faudra que tu me rappèles quelques règles mais t’inquiètes pas, je les gagnais souvent !
-         ne t’en fait pas, je vais tout te ré expliquer et comme tu à l’air de comprendre rapidement, ça va être…chouette. »
Il me dit qu’il s’occupait de tout et dès que prêt, il me rejoindrait avec le nécessaire, bien évidement s’il recevait l’autorisation. Je fît mine d’être impressionné par son sens de l’organisation et retourna dans ma chambre de déglingué. Malheureusement, Antonio ne dû pas recevoir le consentement D’Azvout car il ne revint jamais avec le jeu, fût remplacé et ils ne vécurent pas heureux et n’eurent pas beaucoup d’enfant. C’est dommage, le temps aurait été moins long et sa présence m’aurait sans doute énormément amusé.
A la fin de journée, comme prévu, Caroline vint me chercher pour m’emmener jusqu’au bureau du Docteur, j’en profitai pour lui demandai :
«  - Sandra ne travaille pas aujourd’hui ?
-         c’est une journée de repos pour elle, pourquoi vous préférez sa présence à la mienne ?
-         non pas du tout, je m’inquiète pour mes deux infirmières que j’aime tant.
-         Vous savez on travaille beaucoup et Sandra à besoin de repos en ce moment. Elle est un peu surmenée, mais ne vous en faites pas tout va bien. Je lui dirai que vous vous inquiétez pour elle, ça lui fera sans doute plaisir.
Elle me sourit et me fît signe de l’accompagner. Nous marchions à vive allure. L’entretien ne se ferait pas en tête à tête avec Azvout, je le sentais…
 
 
 
par Hessman
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Mercredi 27 juin 2007
Quelle ne fût pas ma surprise quand j’entrai dans le bureau. La femme à la tête de fouine et son ami aux gros poings se tenaient debout face au Docteur. Tout le monde se retourna et eut l’air d’apprécier mon arrivée.
«  - Gabriel, laissez-moi vous présenter à nouveau le lieutenant Hermaï et l’agent Trill. »
-         Bonjour Gabriel, Jessica Hermaï, je suis heureuse de vous revoir.
La petite femme me tendit la main en s’avançant vers moi.
-         vous nous avez fais peur la dernière fois, nous regrettons d’avoir eu recours à la force mais vous ne nous avez pas laissé beaucoup de choix.
Pendant que la femme me parlait, je vis mon agresseur faire le tour pour venir me saluer, il se présenta :
-         agent Trill, j’espère que vous ne m’en voulez pas ?
-         non, en quelques sortes vous m’avez sauvé la vie ? lui dis-je ironiquement
-         je n’irais pas jusque là. La voiture n’allait pas si vite. Vous étiez un peu excite, je vous ai simplement calmé  »me dit-il avec de faux regrets dans la voix et un sourire narquois qui m’irrita.
« Toi, attends, un jour j’exploserai ta gueule, c’est promis… » Pensai-je
Après ce protocole de politesse, nous nous installâmes autour du bureau. Le lieutenant Hermaï commença :
«  - nous travaillions en étroite collaboration avec le Docteur Azvout. Déjà, avant toute chose j’aimerais vous faire part de deux informations fondamentales…
Elle sortit de sa sacoche un journal, le déplia et le posa bien en évidence sur le bureau. Incroyable ! Ma photo était en première page de ce journal, le gros titre « sortant d’un coma, il devient un héros ! » était tout aussi peu discret.
En prêtant un peu d’attention, je reconnus l’aéroport, là ou j’avais retrouvé mes esprits. Le lieutenant continua :
«  - et ça, c’est rien, vous avez fait toutes les premières pages de tous les grands quotidiens, les images filmées à la sortie de l’aéroport ont faites le tour des télévisions du monde, autant vous dire que dehors les gens vous attendent.
L’agent Trill reprit la parole :
«  - Azvout, enfin le Docteur Azvout, nous a fais écouter l’enregistrement de vos entretiens. C’est déroutant ce qui vous est arrivé. C’est bien que vous ayez l’ensemble des informations afin de comprendre ce qui se passait pendant votre…léthargie. Donc le Docteur vous avait parlé d’un engin explosif…
-         la bombe placée dans l’avion, bien sur.
-         Grâce à vous, celle-ci n’a pas pu être utilisée, n’est ce pas ?
-         Je ne me souviens de rien mais c’est ce qui s’est passé paraît-il.
-         Vous auriez empêché Delespinois, enfin ce n’est pas très clair mais bon, le fait est qu’il n’a pas actionné son détonateur.
Je n’aimais pas trop le ton que Trill utilisait pour me parler :
-         oui, oui, je suis un héros et j’ai sauvai tout le monde
-         attendez, ça c’est les conclusions rapides. Nous verrons si nos conclusions finales.
Azvout voyant que notre communication était devenue rapidement difficile prit la parole :
-         ne tournons pas autour du pot, Gabriel, ce que veut vous dire l’agent Trill, c’est qu’il n’y a jamais eu de bombe dans l’avion.
-         Attendez, vous m’avez dit le contraire hier !
-         Oui, parce qu’il fallait laisser le temps aux experts de faire leur travail. Il y avait effectivement un engin explosif mais celui était inutilisable.
-         Il a été désamorcé pendant la prise d’otage ?
Le lieutenant Hermaï continua :
-         non, cet engin n’a jamais été utilisable. Imaginé un très gros pétard sans mèche, une voiture sans démarreur. Voilà ce qui a été placé dans l’avion !
-         Ça n’a pas de sens, qu’est ce que dit Delespinois ? demandai-je
-         Autre problème, il ne dit rien.
Reprit Trill et il rajouta :
-         Ce dingue refuse de dire quoi que ce soit. Nous allons passer la vitesse supérieure… »
Trill avait l’air d’être une personne à la patience limitée, sa manière de s’exprimer, ses petites phrases mitraillées m’exaspéraient. C’était le genre de type qui ayant reçu une éducation stricte avec beaucoup de principes débiles d’un père probablement très autoritaire, croit depuis sa plus tendre enfance avoir une mission de justicier sur terre. Que c’est touchant ! Sa présence m’indisposait, si j’avais eu à faire des révélations, j’aurais refusé que ce soit en sa compagnie. Mais je n’avais absolument rien à dire.
La conversation continua comme ça pendant des heures. J’avais l’impression de nous faisions du surplace. Ils me racontèrent deux ou trois fois l’intégralité de la prise d’otage. Et ce en parties fragmentées, une fois par l’un, une fois par l’autre. J’écoutais, je répondais à leurs questions quand cela m’était possible et c’était rare. Il se faisait tard mais ils continuaient. J’avais l’impression qu’ils attendaient que je leur délivre la clé du mystère. Les faits étant parfaitement incohérents, Delespinois silencieux, la dernière solution, c’était moi. Ils faisaient fausse route, il fallait que je leur dise, que je leur fasse comprendre :
«  -   vous savez, je pense avoir bien enregistré cette histoire dans les moindre détails. Je suis aussi stupéfait que vous, mais je n’ai aucune explication à vous apporter. Vraiment je fais mon possible pour me souvenir de quoi que ce soit, la dernière chose dont je me souvienne, c’est mettre endormi après avoir fait connaissance de Jean-Alexandre, c’est tout.
-         vous l’appelez par son prénom ? c’est intéressant…remarqua Trill »
Ce mec avait le don de m’énerver au plus haut point. Ces remarques incessantes, ces commentaires de névrosé et cette tête, cette tête d’enculé…
Je pris tout de même la peine de lui répondre :
«  - Jean-Alexandre Delespinois ! Ca va comme ça ou il faut que je mette encore plus les formes ? Monsieur Jean-Alexandre Delespinois le responsable d’une affaire de détournement d’avion qui a égorgé deux personnes et qui vu ses trois potes tarlouzes se faire péter le carafon après avoir exclamé des incantations dans une langue mystérieuse. Peut être que le mot responsable est suspect dans ma bouche ?
-         ne vous énervé pas Hesse, je ne fais que vous écouter et si ça vous pose un problème de vous faire interroger, j’en ai rien à foutre. »
Ce flic à l’âme pure me répugnait, il profitait de la situation alors qu’il n’était qu’un microbe. Il ne savait pas à qui il avait à faire « mets-toi à genou devant moi insecte !»
Je fus stupéfait par la pensée que je venais d’avoir...
D’autant plus que je me rendis compte que je le dévisageais et vu la frayeur soudaine que je pus lire sur son visage, l’intensité de ma haine devait être facilement perceptible.
Après un court instant de malaise, Azvout rompit le silence :
«  - Jessica, je croit qu’il serait bon d’arrêter là pour ce soir.
-         je suis d’accord docteur, nous sommes tous fatigué, la nuit nous portera conseil, revoyons nous demain. »
Une énergie régénérante m’avait remis brusquement en forme. Cette haine vis à vis de Trill semblait m’avoir nourri. J’en avais assez de perdre mon temps avec ces gens. Une journée supplémentaire dans ma chambre à ne rien faire me serait insupportable. Je laissai Trill et tourna la tête :
«  - Docteur, j’ai été compréhensif et je fais tout ce que je peux pour vous aider, n’est ce pas ?
-         je n’ai jamais dit le contraire Gabriel
-         je ne vous cacherais pas que je commence à en avoir ras le bol. Je passe mes journées à attendre, je suis seul et n’ai aucune compagnie. Quand cet après midi, un de vos employé vous à demandé s’il pouvait faire une partie d’échec avec moi, vous avez refusé !
-         je suis désolé mais il n’est pas habilité pour ça. N’importe qui ne fait pas n’importe quoi ici.
-         Attendez, si vous ne trouvez pas une explication dans les semaines avenirs, je ne vais pas continuer de vivre comme un ermite pendant ce temps là !
-         Je ne suis pas le seul décideur, vous êtes dans ma clinique mais sous un régime très spécial. Votre perte de mémoire justifie votre présence mais vous faites partie intégrante d’une affaire de terrorisme, alors comprenez la situation.
Le lieutenant Hermaî enchaîna :
-         et vous savez Gabriel, par rapport aux conditions d’incarcération de Delespinois, vous dormez dans un trois étoiles et une équipe complète est au petit soin. Lui, son quotidien est tout autre »
Cette comparaison avec ce détraqué provoqua chez moi une colère que je ne pus contenir. Je me levai subitement de mon siège, m’appuya sur le bureau et sans tourner la tête, pointa Trill du doigt qui ne disait mots et m’adressa à Azvout :
«  - comment osez vous me comparer à Delespinois ! Attendez, vous m’expliquez que je ne suis pas loin d’être un prisonnier alors qu’aucune charge n’est retenu contre moi, je n’ai pas d’avocat, je suis traité comme un fou dangereux et dans le même temps vous m’apprenez qu’aux yeux de beaucoup de monde je suis un véritable héros.
-         calmez vous, dans ce genre d’affaire tout est compliqué, je le regrette sincèrement mais nous n’avons pas le choix et vous encore moins. »
Et ce qui devait arriver arriva ! Maintenant j’assumais plus facilement mes nouvelles réactions. J’avais passé toute ma vie à éviter les débordements, les conflits me mettaient mal à l’aise et la violence m’avait toujours horrifié. Mais pour je ne sais quelle raison obscure mais nécessaire, en l’espace de quelques jours mon état d’esprit ou probablement mon esprit simplement avait évolué. Tout ceci avait un sens mais j’étais encore très loin de le saisir…
Une fois qu’Azvout eut fini sa phrase, cette voix qui avait à répétition écorchée mes tympans et que nous n’avions plus entendue depuis un moment réapparut :
«  - Hesse ! Asseyez-vous et taisez-vous maintenant ! » Cria l’agent Trill
Mon regard se dirigea lentement vers la bestiole, mon doigt n’avait cessé de le pointer. Je le tenais en joue. En peu de temps je relus sur son faciès la même peur. J’étais puissant et lui n’était rien.
Je fis un pas pour me retrouver devant lui, je le pris par le col et malgré sa taille et sa carrure imposante, je le levai de son siège et le fis décoller de terre. Le tableau devait être impression. David affirmant une force supérieure à celle de Goliath !
Je le regardais droit dans les yeux, cela était jouissif. Je me délectais de sa frayeur, je me délectais de son impuissance. La scène qui pour moi avait durée le temps nécessaire pour que je puisse l’apprécier avait dû être courte. Après avoir assommé Trill en le lançant contre un mûr qui se situait à deux mètres de là, je fus immobilisé en peu de temps par plusieurs gardiens et perdis connaissance à cause d’une piqûre qu’on m’administra. En repensant cette scène, j‘avais réalisé que face à ce maudit Trill, ma force physique avait été décuplée mais face à ces hommes elle était redevenu normale. Sans doute, ne les détestais-je pas suffisamment…
 
 
par Hessman
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Jeudi 28 juin 2007
Marchant dans un jardin aux couleurs magnifiques, je ressentais une sérénité, j’étais en pleine harmonie avec cet endroit. Les différentes allées étaient toutes plus hospitalières les unes que les autres. Je percevais les douces mélodies qui accompagnaient cette atmosphère paisible. Je savais le chemin que je devais emprunter, mon instinct me guidait et ne me décevrait pas. Un sentiment d’espace, de grand air régnait. Ce jardin extraordinaire n’avait pas de limites, enfin tant qu’on ne lui en donnait pas, et c’était bien la dernière des choses dont j’avais envie. J’imaginais que s’allonger sur ces étendues de beauté apportait la paix intérieure, cela devait être fusionnel. Je continuais de marcher calmement, j’avais une rencontre à faire et elle n’était plus très loin.
J’aperçu une silhouette, cette personne assise sur un banc était tourmentée. Je n’avais aucune envie d’accélérer ma cadence, du temps j’en avais et cette personne ne bougerait pas. Je savais aussi et cela ne m’effrayait plus, que j’étais à nouveau cet être à la peau sombre et rêche. Sans aucun empressement les choses allaient se faire, le plus naturellement du monde. L’homme avait la tête entre les mains et semblait se morfondre et moi j’étais heureux sans raisons précises, ou sans doute ne c’étaient-elles pas encore révélées.
« Mon bon Trill, tu es là, tu m’attends. Je suis content de te voir si triste, ne t’inquiètes pas tout évolue, j’y veille… » Dis-je sans ouvrir la bouche d’une voix se perdant dans l’infini.
Je m’assis à côté de lui, du temps nous en avions…
« Nous nous sommes rencontré, nous nous sommes détestés mais à ce jeu là, je suis le plus fort mais enfin, oublions le passé, regardons l’avenir, ensemble…ensemble… » Ma voix se répéta dans un écho lointain.
Son visage blême n’était aucunement sensible à cet environnement extraordinaire.
Se rendait-il compte de l’instant ?
Je le sentais ailleurs « pauvre petite brebis égaré, mon monde te fait l’effet d’un vide, nous sommes si différents si diamétralement différents… »
Ressentant un mépris immense à son égard, je continuai de le contempler.
« Notre rencontre fût ta condamnation à mort, rien que pour ça je t’aime ! »
Je pris une inspiration profonde et lui cracha en pleine figure. Il resta impassible. La bave qui dégoulinait s’anima et se mît à remonter puis à tourner et tels des larves se concentra sur plusieurs points distincts. Tournant de plus en plus vite, elles pénétrèrent différentes parties de son visage : sa joue, son front, sa tempe. On ne pouvait savoir si la peau de Trill absorbait le liquide ou si celui ci ne lui laissait pas le choix. Au bout de quelques secondes il n’y eu plus de trace du cracha. Lui n’avait pas réagit du tout à ce phénomène, il était perdu dans ses pensées, il était ailleurs.
Je le levai et repris ma route tout aussi calmement.
« Je te salue mon bon Trill, fais bien attention à ne pas te perdre dans tes rêveries… »
En m’éloignant je ne pus contenir un sourire, puis ce sourire se transforma en rire et se rire s’intensifia, encore et encore… les yeux au ciel et les bras écartés le son de ma voix déchirait cet univers, ma puissance était gigantesque, j’étais et cela était suffisant !
Comme pour libérer un trop plein d’énergie, il fallut que je pousse un cri, un beuglement. Le son qui sortit de ma bouche se matérialisa en un flux luminescent. Ce flux sinueux tel un serpent progressait d’une manière verticale. Je mettais de plus en plus de force et cela me procurait un plaisir qui se transformait progressivement en jouissance. Je me sentais le noyau de cet univers…
par Hessman
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Vendredi 29 juin 2007
L’ensemble de mon corps complètement contracté, je sorti dans une longue inspiration de mon sommeil. Après un bref instant de confusion, les sangles multiples et ce plafond couronnant ces quatre mûrs matelassés me firent prendre conscience de l’endroit ou l’on m’avait replacé.
« Les fumiers m’ont re-ligoté dans la chambre des fous ! »
L’endroit n’ayant pas de fenêtre, il m’était difficile de me situer dans le temps. Attendre était la seule solution.
La situation devenait extrêmement compliquée, il fallait que je fasse preuve de réalisme. La crise de personnalité mêlée à ces rêves étranges devait vu les circonstances, être passé sous silence. D’une manière ou d’une autre, bizarrement je m’y habituais et je pourrais toujours traiter ça ultérieurement. Une fois sorti de ce pétrin les choses rentreraient dans l’ordre et ces fantasmes, ces délires ne se seraient révéler être que le résultat d’un bouleversement de mon quotidien. Pour le moment on m’avait réduit à nouveau à l’état d’un légume attaché et shooté. Maintenant, à moi de jouer : contenir, retenir mes pulsions, être ce qu’il fallait que je sois pour arriver à mes fins. Ce qui n’était pas si loin d’un mode de vie traditionnel.
 
 
par Hessman
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Vendredi 29 juin 2007
La porte s’ouvrit, Azvout suivi de Caroline apparut.
« Mr Hesse, comment vous sentez vous ? »
Le docteur m’appelait rarement par mon nom, il devait vouloir marquer le coup et imposer une certaine distance.
«  - fatigué Docteur
-         l’effet du sédatif va progressivement diminuer, vous allez vous sentir mieux d’ici peu de temps
-         ok…
-         vous ne ressentez aucune douleur ?
-         allongé comme ça, c’est difficile de répondre
-         oui mais c’est entièrement de votre faute et…
Je lui coupai la parole et dis :
-         je suis navré pour ce qui s’est passé dans votre bureau, j’espère vraiment que je n’ai blessé personne. Tout ce qui s’est passé dernièrement m’a mis sous pression et le pire, c’est qu’il a fallut qu’il arrive cet incident pour que j’en prenne conscience.
-         C’est surtout à l’agent Trill qu’il faudra présenter des excuses
-         Bien sur, dès que je le reverrai
-         Alors que fais t-on ? vous pensez que vous êtes capable d’avoir un comportement normal ou vous met-on sous surveillance ?
Vu l’emprisonnement dans lequel j’avais été placé jusqu'à maintenant, je ne voyais pas ce qu’ils auraient pu faire de pire à part m’attacher comme King Kong mais je lui répondis tel le petit enfant plein de regrets :
-         cela ne se reproduira pas, je vous le promets. J’ai bien réfléchi, je comprends tout à fait la situation, je serai compréhensif et patient. Je reconnais avoir commis une grave erreur»
J’éclatai en sanglots à la fin de ma phrase.
« Allez tous vous faire enculer, profitez mes chers amis, ça ne va pas durer éternellement… » Pensais-je, tout en continuant d’exprimant l’inverse.
 «  -    Docteur, Trill n’est pas blessé ?
-         non il n’a rien. Simplement un peu choqué.
-         Je lui présenterai personnellement mes excuses.
Le Docteur Azvout réfléchit puis regarda l’infirmière et lui dit :
-         bon, Mr Hesse va retrouver sa chambre. Faites tout le nécessaire s’il vous plait Caroline. »
Il me salua et quitta la chambre. Caroline procéda à la libération de Gulliver. Cela prit un peu de temps. Elle fît semblant de ne pas remarquer que mon désir était devenu apparent. J’avais envie de la baiser comme une chienne, j’aurais voulu à ce moment…
Mais l’heure était à la détermination et à la discipline, il fallait que je parte de cette prison au plus vite !
Dehors, tout me serait permis…
par Hessman
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Samedi 30 juin 2007
Les journées ennuyantes se suivirent. Je revis lors d’un autre interrogatoire qui fût cette fois ci plus court et moins désagréable l’agent Trill. Je lui présentai de plates excuses, ce qui ne parut pas le toucher plus que ça. Son comportement à mon égard avait changé, il était distant et réservé, je le sentais un peu soucieux. Au file des jours et des entrevues avec notre équipe d’enquêteurs, je compris qu’ils piétinaient. Le silence de Delespinois additionné à mon amnésie toujours inexplicable ne leur rendait pas la tache facile. Mais cela était vraiment la dernière des mes préoccupations, moi ce que je voulais, c’était me tirer de cette merde et le faire le plus vite possible.
Environ une semaine s’était écoulée, on n’avait amélioré mon quotidien. Je bénéficiais maintenant d’un magnétoscope et d’une pile de cassette de vieux filmes. Donc j’eu le temps de parfaire ma culture cinématographique et de bien saisir les principes fondamentaux d’un bon western.
Je n’avais toujours pas revu Sandra qui d’après Caroline était en arrêt maladie pour cause de surmenage. La pauvre, vu l’état d’excitation dans lequel j’étais, je l’aurais bien consolé la belle petite blonde, à grand coup de boutoir !
Ma conduite de patient prisonnier modèle me faisait bien rire. J’avais adopté certaines techniques, des comportements de personne que j’avais rencontré tout le long de ma vie. L’extrême courtoisie, la bonne humeur constante, la flatterie et une expression de générosité exceptionnelle. En gros j’avais endossé mon costume trois pièces de lèche cul professionnel et ça me plaisait. L’objectif étant que ça leur plaise assez pour qu’il ait l’idée de lâcher le fauve.
J’enchaînais des nuits calmes. Mes rêves ne m’emmenaient plus dans des endroits délirants vivre des situations qui ne l’étaient pas moins, ou alors, je n’en gardais aucun souvenir.
Probablement à cause d’un état de sensibilité exacerbé, je continuais de ressentir un trouble, une évolution au niveau de mes sens. Mais ce que je n’expliquais pas et c’était ce qui me fascinait le plus, restait mes anticipations, cette espèce de don divinatoire, cet instinct profondément étrange qui me faisait savoir avant que cela soit. Et il s’exprimait le plus souvent quand des évènements sérieux d’une gravité plus ou moins importante allaient avoir lieu. Par exemple, si l’on venait me chercher pour que j’aille me laver, alors rien ne se passait. Par contre si l’on venait dans ma chambre pour m’apprendre une nouvelle ou pour que je me rende à un interrogatoire, à ce moment, je pouvais deviner non pas ce qui allait se dire ou se passer mais que quelqu’un franchirait la porte avec une précision d’horloger. Je me sentais progresser dans ce domaine, j’avais du mal à imaginer les limites d’une telle faculté mais :
«  Cela pourrait me rendre de grands services par la suite » pensais-je
C’était ce même don qui m’avait permis de savoir que le Docteur Azvout nous avait enregistrait lors de notre premier entretien. Donc ce nouveau champ d’action restait encore un grand mystère et pouvait nous réserver bien des surprises, nous l’espérions ! Euh… je l’espérais !
 
 
par Hessman
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Dimanche 1 juillet 2007
« Caroline, ma douce, ma tendre, j’aime tant ta présence. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. Je jubile à l’idée de te voir repartir et de pouvoir admirer ta jolie silhouette de dos. J’aimerais enfoncer ma queue entre des fesses en espérant que perdu dans un flot de plaisir, tu ressentes une douleur. Te faire souffrir m’excite à l’avance. Je te salirai, je te souillerai. Le pinceau restera à jamais le maître du tableau… »
Caroline fît irruption dans la chambre !
«  - Gabriel, vous allez vous préparer, je vous emmène dans le bureau du Docteur Azvout. »
Elle ouvrit la porte de l’unique placard, me demanda de retirer ce qui me servait de pyjama et choisit ma tenue sportswear afin que je sois l’homme le plus élégant de l’asile de dingues. Nous formions un vrai petit couple.
«  - Caroline, savez vous qui participe à la surboum ? DJ Trill sera t-il au platine ? Hermaï va t’elle nous faire son strip-tease habituel ? »
Caroline éclata de rire et reprit :
«  - allé ! Un peu de sérieux.
-         Caroline ? je lui parlais tout en me déshabillant
-         Quoi encore !
-         Quand est-ce qu’on fait l’amour ?
-         Quand les poules auront des dents
-         J’ai le souvenir d’avoir lu un article à ce sujet. Avec les manip génétiques, je crois, que c’est bon, ils l’ont fais. J’essayerai de le retrouver, ce sera notre passeport pour le bonheur. Je ferai de vous une femme heureuse et comblée.
Elle rigolait de ce que je lui racontais, ne me prenant pas au sérieux. Elle ne pouvait ignorer mon état d’excitation, les femmes ont des radars pour ça.
-         Caroline ?
-         Quoi encore ?
-         Vous faites souvent l’amour avec votre mari ?
-         Ca ne vous regarde pas
-         C’est bon ça restera entre nous
-         Vous êtes lourd Gabriel
-         Attendez, je suis enfermé ici comme une bête dans une cage alors permettez moi d’avoir perdu l’habitude, enfin d’être un peu plus réactif à toute forme de compagnie surtout la votre !
Caroline ne paraissait plus tellement amusée par mon petit jeu puéril. Pourtant je ne pensais pas dépasser les limites et surtout mettre les formes pour que cela se fasse sur le ton de l’humour. Rangeant des piles de vêtements dans ce même placard, je la sentais pensive. J’étais maintenant debout en caleçon. Elle prit une serviette dans une de ses mains, se retourna et vint vers moi. L’un en face de l’autre, elle jeta un coup d’œil vers la porte puis dégrafa le haut de sa blouse jusqu’au niveau de son nombril. Elle sortit ses deux superbes seins aux larges mamelons et d’un coup de main expert me descendit le caleçon. Quoi que complètement surpris mon désir prit le dessus. En une fraction de seconde, je me retrouvai avec une érection maximum. Sans dire un mot, en parfaite synchronisation, je lui soulevai sa poitrine et la porta à mon visage. Caroline encercla mon sexe de ses doigts fins et commença à me masturber. Mon bassin partit en arrière comme si un pieu venait de s’enfoncer dans mon ventre. Ma langue et mes lèvres dégustaient ces cercles de chair si tendres en lui pétrissant ses rondeurs avec mes mains. Mon corps mimant la pénétration, je sentais sa main se serrer plus fort au tour de mon pénis, le geste devenait plus précis et plus rapide. Il ne fallut guère de temps pour que je jouisse me vidant dans cette serviette. J’aurais voulu que cet instant dure une éternité. Elle continua ces allés-retours afin d’extraire les dernières gouttes de sperme, m’essuya le gland et me repoussa en arrière délicatement après que j’eu poussé les derniers gémissements de plaisir. Elle jeta la serviette dans la poubelle. Je commençai de me rhabiller, elle reboutonnait sa blouse et dit :
« - Gabriel, je compte sur ta discrétion. Si quelqu’un l’apprenais, j’encourrais de graves sanctions. J’éprouve de la compassion à ton égard et considère ce qui vient de se passer comme un service. Je ne veux pas qu’il y ai un mal entendu entre nous. »
Cette phrase me rabaissa à la hauteur d’une larve…J’avais l’impression de m’être fais traire comme une vache pour qui la pitié était le seul sentiment envisageable... J’éprouvais deux émotions bien distincts : un bien être, un soulagement, mes compteurs étaient remis à zéro et un certain malaise mêlé à de la colère. J’avais été blessé dans mon orgueil. Une colère venant des profondeurs remontait à la surface, telle la montée de lave se dirigeant vers le sommet. Une voix se fît entendre sans qu’une bouche ne s’ouvre :
«  - pour qui oses tu te prendre sale putain ! Je suis le maître et le seul décideur ! »
La stupéfaction se lut sur nos deux visages.
Nous nous regardâmes et Caroline me demanda :
«  - pardon ?
-         non rien
-         tu n’as pas entendu ?
-         entendu quoi ?
Elle dût bien se douter que je ne disais pas la vérité donc je repris :
-         attends, c’est peut être du couloir ?
-         continus de t’habiller
Elle se dirigea vers la porte afin d’enquêter. A son retour, l’effet de stupéfaction étant moindre Caroline me dit :
«  - dépêches toi s’il te plait, nous avons pris du retard. »
J’éprouvai à son égard de la gratitude. Pour ce geste de compréhension et de gentillesse, je lui en étais infiniment reconnaissant. Mais un côté obscur en moi la détestait. Je l’envisageais comme mon esclave et elle devait en être heureuse ainsi !
 
par Hessman
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Mardi 3 juillet 2007
Le docteur Azvout parlait à trois personnes. Je reconnus Hermaï et sa petite tête de fouine. A côté deux hommes en costume : l’un grand et chauve dont le regard turquoise était assez magnifique. L’autre de taille moyenne, BCBG, arborant un brushing d’acteur américain de seconde zone et un sourire tout aussi factice.
Azvout fît les présentations :
«  - Gabriel, laissé moi vous présenter Mr Sendersse. »
Le grand husky pencha la tête en avant.
«  - et Mr ferrant. » l’autre me dévoila un sourie encore plus large et encore plus charmeur.
Quoi que leur physique ne passait pas inaperçu, je dois dire que ces deux personnes étaient doté d’un charisme assez fort. Leur présence m’avait été agréable dès le premier abord. La petite Hermaï se fraya un chemin entre les hommes et vint avec un certain empressement me serrai la main comme si nous étions des amis de longue date. Cela ne me dérangea pas, elle n’avait pas le don de m’irriter comme l’autre con qui n’était plus là.
Nous restâmes debout. Le lieutenant Hermaï m’expliqua qu’on allait faire une petite ballade ensemble, (ce qui m’enchanta vu que je n’étais pas sorti depuis mon arrivée) et que nous devions nous rendre dans un centre de détention et pas n’importe lequel : j’allais être confronté à Jean-Alexandre Delespinois !
Ils n’avaient plus l’air de me considérer comme un pseudo coupable de quoi que ce soit. L’attitude générale avait changé du tout au tout. Des décisions avaient dû être prises au plus haut niveau et probablement que ces deux nouveaux interlocuteurs en étaient des représentants. Je présageais que de grands changements allaient apparaître. Nous allions pouvoir vivre ! Enfin j’allais pouvoir revivre…
par Hessman
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