Lundi 18 juin 2007
Je trouvai ma place dans l’avion. Vu ma situation, il ne fallait même pas que je pense voir un filme pendant le trajet. Seul satisfaction, je bénéficiais des avantages d’un hublot.
Un homme arriva précipitamment. Son bagage à main et son costume en lin blanc laissaient imaginer qu’il était représentant de commerce dans le textile ou homme d’affaire dans le milieu de la mode. Ses yeux clairs et sa chevelure blonde au carré parfaitement organisée lui donnaient une allure très soignée et très classe.
Il rangea sa mallette et me tendit la main : « Si nous devons passer quelques heures l’un à coté de l’autre, Jean-Alexandre DELESPINOIS, enchanté de faire votre connaissance jeune homme ».
Nous nous présentâmes puis je le vis aller parler à deux des jupettes-brushing dont mon tripoteur qui était trois rangs derrière nous. Ils conversèrent pendant un bref instant, et mon voisin revint s’installer énergiquement après avoir méticuleusement plié sa veste.
Il paraissait légèrement excité et soucieux.
Je lui demandai : « vous allez en Asie pour affaire je présume ? ». Je reparlais comme un baron !…il fallait que je rectifie cette timidité qui pouvait me faire passer pour quelqu’un de froid. (Et surtout pour ce que je ne suis pas, un coincé du fion)
Et je rajoutai : « on pourrait se tutoyer ? »
Il sourit et me répondit : « bien sûr Gabriel, c’est bien Gabriel ton prénom ? »
Nous entamâmes une conversation qui sembla le détendre. J’appris qu’il travaillait effectivement dans la mode et qu’il s’agissait pour lui d’un voyage professionnel important. Il me parla d’une dimension idéologique recherchée. Là, je dois avouer que pendant cette explication, vu que je ne comprenais rien, mon attention se focalisa plutôt sur des conneries futiles d’ordre esthétique ou comportementales que sur le sens de ce qui était raconté.
 « Ah bon ! C’est incroyable, mais jusqu’ou ira t-on ? » Répondis-je l’air intéressé.
Je lui demandai : « mais derrière nous ce sont des collègues les… ». J’avais toujours cette difficulté à les qualifier car je ne voulais aucunement blesser qui que ce soit.
« Les…gens à qui vous avez parlez ? »
Il remarqua ma gène, cela l’amusa et il m’expliqua : « ce sont l’ensemble de mes employés, ce sont les meilleurs, de véritables tueuses ! »
Il ne put contenir son rire. Je ne retins donc aucunement le mien. Ce que je ne pouvais imaginer, c’est que les raisons étaient bien différentes…
par Hessman
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