« Par ici ! Eh ! S’il vous plait ! Juste une seconde »
Des dizaines de voix m’appelaient, les rayons lumineux avaient diminué. J’entendais une véritable cohue. Je baissai le bras et rouvris les yeux lentement. Un parterre de photographe me
mitraillait, les flashs fusaient, des caméras étaient fixées sur moi. A ma grande surprise, une foule m’entourait. J’étais la proie d’une horde de gens déchaînés.
« S’il vous plait, quand avez compris que leur décision d’aller jusqu’au bout était prise et ce quoi qu’il arrive ? » plusieurs micros me faisaient maintenant face. « De quoi
parlaient-ils ? Que me voulaient-ils ? »
Après quelques minutes de chaos, je pus identifier l’endroit, nous étions vers la sortie de l’aéroport.
Une femme me prit par la taille, me tira en arrière : « venez avec moi Monsieur HESSE »
Je la suivis, des policiers nous escortèrent jusqu'à un véhicule de police. A l’intérieur deux hommes en costume nous attendaient, l’un à l’arrière me fit un signe de la tête et l’autre assis au
volant, restait immobile. Je m’installai à côté du premier et la femme se mit à ma droite et ferma la portière, la voiture démarra en faisant hurler son gyrophare.
Deux autres véhicules nous encadraient. Le convoi allait à vive allure, la femme me demanda :
« Vous tenez le coup ? Ne vous inquiétez pas, juste quelques questions et on vous laissera vous reposer. »
Après un silence de plusieurs minutes, je ne pus contenir ma curiosité :
« - où va-t-on ? Et pourquoi tout ce cirque ?
- de quoi parlez vous ? répondit-elle avec étonnement.
- Qu’est ce que je fous là enfin ? »
Elle resta bouche bée…
Après un court instant et un échange de regard avec son acolyte, elle reprit :
« - Après un tel évènement, je comprends que tout cela vous paraisse insupportable et que vous souhaitiez rester tranquille mais je vous le répète, dans une heure ou deux vous pourrez aller
vous reposer et décompresser.
- ok, ok, attendez… je voudrais comprendre ce qui se passe : Qui êtes vous et pourquoi je
suis là et ou allons nous ?
- je suis désolé Monsieur HESSE mais je ne vous suis plus. »
« Putain mais elle est con celle-là, bon je vais me calmer et reprendre » pensai-je.
Je soufflai et repris :
« Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas ce que je fais ici et je vous avouerais que cette situation m’angoisse autant qu’elle m’emmerde. Moi, ce que je voulais c’était prendre un
avion pour aller à Bangkok, au lieu de ça j’ai vécu un cauchemar de fou et maintenant je suis ici. Vous me dites que vous me poserez des questions, je ne sais pas ou vous m’emmenez et de quoi
vous voulez parler ! »
Enfin, au vu de l’étonnement général que je lus sur leur faciès, j’eus le sentiment que mon incompréhension totale de la situation était maintenant claire !
Ils échangèrent quelques mots puis elle sortit un portable. Ma petite voisine à la tête de fouine appela un dénommé AZVOUTE à qui elle donna rendez-vous. Elle me dit avec beaucoup de
compassion :
« Nous sommes bientôt arrivé, détendez vous, nous sommes officier de police, vous devez subir le contrecoup d’un choc émotionnel, tout va rentrer dans l’ordre. »
La situation ne me laissait pas beaucoup d’alternative.
« - arrêtez la voiture. » Demandai-je calmement
« - Monsieur HESSE, on est bientôt arrivé, ça va bien se passer.
- arrêtez la voiture !
- nous sommes au milieu de nul part, dans cinq minutes vous rencontrerez le Docteur AZVOUTE, tout
va rentrer dans l’ordre… »
Je ne lui laissai pas le temps de finir et ouvris brusquement la portière. Une idée m’obsédait, quitter ces gens, partir !
J’étais vautré sur cette femme et essayais de sauter hors du véhicule. Elle criait et me retenait, son collègue en faisait de même. La voiture avait maintenant ralentie et zigzaguait. Je tournai
la tête et vis avant de me le prendre un gros poing serré, après plus rien…