Jeudi 21 juin 2007
Ma tête me pesait, une lueur lointaine m’attirait, peut être étais-je mort ? Ou bien étais-je encore dans un de ces rêves délirants. Mes paupières fermées se mirent à trembler, je reprenais conscience, doucement, très doucement. L’invraisemblance de tous mes souvenirs proches me donnait envie de prolonger l’instant.
Je rouvris les yeux, j’étais allongé. Un matelas épousait l’ensemble des formes de mon crane, de mon dos, de mes fesses et de mes jambes. Je reprenais contact avec mon corps, progressivement, partie après partie.
Mes bras et mon buste étaient attachés, quelqu’un n’avait pas aimé ma nouvelle vocation de cascadeur. Je soulevai avec douleurs ma tête afin d’observer les lieux : la chambre blanche revêtait des matelas sur l’ensemble des ses murs, croyaient-ils que je me prendrais pour un bélier ?
« Bande d’enculés ! »Pensai-je. On m’avait ficelé comme Gulliver. Aucun meuble, aucun objet, et surtout aucunes difficultés pour comprendre que j’étais probablement dans un asile de fou. Le genre d’endroit où je pourrais me prendre pour une grenouille pendant cinq à six ans sans que ce soit exceptionnel. Une maison pour les dingues, un zoo pour maboule.
Au vu de mes expériences récentes, j’étais sans doute à ma place. Tous ces cauchemars, cet aéroport, les tarlouzes qui volaient, l’ange blond à moitié déglingué, putain, mes plombs avaient littéralement explosés. Durant une soirée, une drogue avait dû m’éclater à un point inimaginable. Il faudra penser à remettre une décoration à ce chimiste.
Bon, l’essentiel étant de retrouvé un minimum de raison et de déguerpir au plus vite de cet aquarium pour poissons exotiques. La place étant chaude, chaque chose à sa place, il fallait passer le relais à un vrai sprinter. Afin de mettre un maximum de chances de mon côté, je devais jouer la carte de la raison et de la sérénité. Ne souhaitant pas à nouveau faire de coups d’esclandre, je préférai continuer une sieste que de me remettre à m’agiter comme un habitant des lieux.
Des calmants avaient dû mettre administrés car malgré la lourdeur de la situation et mon état global, je me sentais étrangement bien, ou plutôt cela ne dérangeait pas autant que ça. Je me branlais de tout, de cet endroit, de la suite des évènements, des psychiatres que j’allais probablement rencontrer. L’important venait de se déclarer : j’avais une énorme érection. Avec des médecins, traînent toujours des infirmières, peut être des jolies nues sous leur blouse ?
« Oui, venez me parler, occupez vous de moi, je suis malade… »
Cette vision me permis de m’endormir avec le sourire, j’étais heureux.
La porte s’ouvrit, un homme assez âgé entra. Il ressemblait à un vieux scientifique. Son visage était jovial et son allure bonhomme. Il s’approcha et me demanda :
« - alors la nuit a été bonne Mr HESSE ?
-         très bonne merci.
-         Je m’appèle Dominique AZVOUT, je suis médecin psychiatre et vous êtes dans ma clinique. Je suis désolé qu’on ait dû vous attacher mais les policiers m’ont dis que vous étiez un peu agité.
-         Oh trois fois rien, vous savez les policiers exagèrent souvent.
Il sourit et reprit :
-         il vous a fait une belle bosse sur le front, ça va, ça ne vous fait pas mal ?
-         non vu que vous m’avez probablement shooté comme un éléphant, je dois vous avouer que je ne sens plus grand-chose. Serait-il possible qu’on me rende ma liberté, au moins qu’on me détache ?
-         et bien c’est à dire qu’on comptait vous torturer un petit peu mais uniquement pour se divertir… Non je plaisante, bien sûr, je vais vous envoyer une infirmière.
-         Ah oui, une belle célibataire nue sous sa blouse s’il vous plaît…Je plaisante également. 
-         Nous nous revoyons plus tard Mr HESSE
Nous échangeâmes un sourire, il fit demi-tour et partit de la chambre. Il laissa la porte entrouverte, nous n’étions pas seul, j’entendais beaucoup de voix et de bruits à l’extérieur. Ce sorcier de l’esprit m’était très sympathique. Quitte à me faire disséquer le cerveau autant que ce soit par une personne qui m’inspire. Je ne savais si c’était l’effet de médicaments ou autre mais je me sentais vraiment bien, je me sentais fort, très fort.
Afin d’abréger mon séjour, je décidai de ne rien dévoiler à propos de mes délires oniriques. Je décrirais uniquement un grand passage obscur, une perte de mémoire, voilà tout. Par contre j’étais assez impatient qu’on me raconte ce qui s’était réellement passé.
Deux infirmières firent irruption dans ma chambre, enfin dans cette salle. Elles entrèrent en bavardant :
« - après tout, moi je m’en fous. » Elle s’interrompit et dit :
« - bonjour, je suis Caroline, je vais vous conduire à votre chambre. Me dit cette jolie brune.
Je rajoutai :
-         c’est dommage, je me sentais bien ici. En plus j’avais toujours rêvé de me faire attacher à mon lit comme une bête.
-         Vous êtes un plaisantin Mr HESSE. Vous savez, c’était pour votre sécurité. »
Tout en parlant elle desserra les sangles. L’autre revint avec un fauteuil à roulettes, je rajoutai :
«  - ha, mon carrosse. J’espère que vous êtes en forme, j’ai l’habitude de conduire vite. »
Les deux infirmières éclatèrent de rire. Elles semblaient apprécier mon humour. Bon elles ne ressemblaient pas exactement à ces infirmières de téléfilms érotiques mais j’avais de l’appétit…
Sandra et caroline me conduirent dans une véritable chambre, avec des fenêtres, des placards et des murs vierges, enfin je veux dire sans matelas.
« Le lit me paraît petit pour qu’on puisse dormir à trois dedans, non ? »
Les deux jeunes femmes ne paraissaient pas déranger par mon comportement, elles se contentaient de rire. « Je devrais me battre plus souvent et me prendre plus de coup de poing dans la gueule, ça me réussie. » pensai-je.
Je ne ressentais aucunes inhibitions, comme dans ces fins de soirée bien alcoolisées ou bien cocaïniques. Les deux femmes mirent tout en ordre, moi par la même occasion. Après cinq minutes, elles me donnèrent les dernières recommandations et quittèrent les lieux. Je me retins et ne leur collèrent pas de mains au cul en guise de remerciement. « Non, qui veut aller loin, ménage sa monture... »
C’était probablement un mélange de médicaments et de profond sommeil qui m’avait mis en très grande forme. Bon, pour ce qui était du voyage, j’avais un peu de retard mais l’important était là. Physiquement, tout allait bien et mentalement je pétais le feu.
Le reste de la journée se déroula agréablement. Vers dix neuf heure, un autre docteur vint avec mes deux infirmières et nous partîmes faire un check-up complet. On me ramena dans ma chambre en fin de soirée. Sur le chemin du retour nous croisâmes un type à l’air étrange, probablement un déganté, il paraissait terrifié. Il n’avait de cesse de me fixer. Je lui fis un sourire du haut de mon lit à roulette mais cela ne changea rien. Une des infirmières dit :
« Tu t’es perdu Josh ? Qu’est ce que tu as ? Allez viens »
Elle partit avec ce dernier pour le ramener dans ses quartiers probablement. Je le vis tourner la tête, continuant de m’observer tout en s’éloignant.
Une fois arrivé dans ma chambre, je me rendormis sans l’ombre d’un problème, je ne fis aucun rêve….
Le lendemain matin, j’avais rendez-vous avec Azvout le magnifique. Je souhaitais que l’on éclaircisse certaines zones d’ombre, cette rencontre me réjouissait.
Une fois que je fus installé devant son grand bureau, il vint et s’assis en face de moi également sur un bon fauteuil en cuir. L’endroit était très clair et spacieux, il se dégageait une atmosphère qui me plaisait.
Il avait une bonne bouille le professeur maboule. Il me demanda calmement :
« - comment vous sentez vous Gabriel ?
-         très bien merci et vous ?
-         bien. Les deux infirmières qui s’occupent de vous m’ont dit que vous ne leur avez posé aucune question. C’est mieux, le temps que vous vous reposiez et que vous repreniez vos esprit.
Je le regardai sans rien dire. Chacun de ses mots, chacune de ses intonations me parvenait avec clarté, nous étions sur la même longueur d’onde. Je plissai les yeux et attendit :
-         avant l’épisode dans le véhicule de police, de quoi vous souvenez vous Gabriel ?
-         je venais de m’installer dans l’avion et j’attendais
-         d’accord, pourriez vous détailler un peu plus je vous prie
-         et bien rien de spécial, je venais de monter à bord, ma place était à côté de celle d’un homme qui travaillait dans la mode. Il paraissait courtois, voilà. Après plus rien.
-         Courtois mais encore. Vous souvenez vous de quoi vous avez parlé ?
Soudain mon regard se dirigea vers une partie de son bureau, là ou il y avait des tiroirs. Je me concentrai légèrement et compris.
-         Docteur, pour quelle raison enregistrez vous la conversation ?
Azvout parût extrêmement surpris.
-         comment le savez-vous ?
Que lui répondre, même moi je ne me l’expliquais pas. En une fraction de seconde une réponse me vint :
-         votre dictaphone fait un léger bruit. Je suis désolé mais j’ai toujours eu une ouie extrêmement développée ... un véritable loup.
Il parut troublé, le silence qui suivit, je pense qu’il l’utilisa à essayer d’entendre quelque chose.
-         Gabriel, vous m’étonnez vraiment mais bon passons, je vais vous expliquer : cet enregistrement est destiné à la police. Deux choix s’offraient à moi : soit cet entretien se déroulait en présence de deux agents du service de renseignement du ministère de l’intérieur, soit je devais l’enregistrer pour qu’ils puissent faire leur travail. J’ai pensé vu que la dernière fois que vous vous êtes croisé, ça s’était assez mal passé que vous préfèreriez cette option. De toute façon je vous l’aurais dis à un moment ou à un autre.
-         Ok Docteur, mais il faudrait que vous arrêtiez de prendre des pincettes avec moi. Je vais bien, je me sens bien. Je n’ai pas de problème a part cette petite amnésie.
J’avais changé de ton. J’en avais marre d’avoir le rôle de la victime.
-         d’accord, c’est compris Gabriel. Il marqua un petit temps mort et reprit :
-         Ce que vous appelé une petite amnésie a duré trois jours. Trois jours durant lesquels vous et le reste des passagers et membre d’équipage avaient été pris en otage. Votre avion a été détourné, cinq personnes ont trouvé la mort dont deux membres du personnel de bord et trois des ravisseurs. Seul le chef de ce commando a survécu en partie grâce à vous. Vous l’avez neutralisé et empêche de faire exploser l’avion.
Je restai immobile, incapable de penser à quoi que ce soit, incapable de réagir, j’étais comme absent. Tout ce récit m’avait subitement transporté durant une courte minute. Je ne voyais plus, je n’entendais plus, je n’étais plus. La voix du Docteur me ramena progressivement dans le réel :
«  - Gabriel, Gabriel, vous allez bien ? Vous voulez vous reposer ? On peut reprendre plus tard.
-         non, non je vous écoute, je suis…
-         oui vous êtes ?
-         un peu assommé mais c’est bon, continuez
-         ce dénommé Jean-Alexandre Delespinois appartient à une secte radicale né en Europe. Ces gens mènent des actions pour attirer l’attention sur le traitement barbare à l’encontre des homosexuels dans beaucoup de pays du moyen orient et bien d’autres. Enfin c’est leur discours officiel de propagande mais dernière ça, il y surtout une bande de tordues qui développe des thèses sur la place des homosexuels sur terre, dans la société, à propos d’une soit disant supériorité... Il y a un arrière goût qui rappèle certaines périodes noires de l’humanité. Ce détournement est sans précédent, jamais cette secte n’avait été si loin. Ce commando de quatre personnes après avoir fait passer leur message avait exprimé leur détermination d’aller jusqu’au bout. Une bombe devait pulvériser l’avion, eux avec ! il s’agit d’information provenant des autorités  qui détienne Delespinois.
-         Mais comment se fait-il que vous ayez autant d’information ?
Bien évidement en posant la question, je devinais déjà la réponse :
«  - bon d’accord, jouons carte sur table, je suis médecin-psychiatre mais je travaille également pour les services de renseignement, enfin j’exerce mon métier dans différentes directions.
Il marqua un temps d’arrêt et reprit :
-         Nous  avions repéré l’activité de cette organisation mais ils nous ont posé beaucoup de problèmes d’infiltration, ne serait-ce qu’au niveau des identités, c’était très étrange : Delespinois a été repéré il y a quelques mois mais aucune informations concernant sa naissance, son origine n’existent, c’est le néant total.
-         voilà les bases de notre entretien sont maintenant plus seines. »
L’entretien dura à peu près une demi-heure. Il me raconta les évènements principaux de ces trois jours. De quelle manière les ravisseurs égorgèrent froidement un steward et une hôtesse afin d’affirmer leur détermination dès la prise de contrôle de l’avion. La divulgation rapide aux passagers et aux autorités d’informations concernant une bombe pouvant pulvériser l’avion. Leurs exigences de passer dans le maximum de journaux télévisés. La publication obligatoire de textes sectaires dans différents grands quotidiens. Ces dingues demandaient à pouvoir tout vérifier sous peine d’exécuter de nouvelles personnes. Ils avaient réussie à faire passer des fusils de guerre ainsi que des couteaux à bord. Ceci faisait partie des aspects mystérieux qui n’avaient toujours pas trouvés d’explications. Entre eux ils parlaient un dialecte inconnu qui n’avait pas pu être identifié et ce malgré la détention de Delespinois. J’en déduis que ce dernier leur donnait du fil à retordre.
Au milieu de tout ça, le plus troublant me concernait : pendant les trois jours de détention mon état de santé s’était dégradé très rapidement, si bien que j’étais tombé dans le coma le dernier jour. Vu les circonstances cela n’avait pas été le principal sujet de préoccupation. Azvout me raconta plus précisément le dernier quart d’heure :
« - les trois terroristes après avoir marmonné simultanément une sorte de prière dans leur langue étrange, ont retourné leur arme contre eux et se sont donnés la mort ! Seul le chef du commando, Delespinois resta vivant. Il hurlait des propos incompréhensibles en brandissant un fusil dans une main et un boîtier dans l’autre. Tout le monde avait réalisé rapidement qu’il s’agissait du détonateur de la bombe. Leurs témoignages convergent, Delespinois était devenu fou. Il ressemblait à un gourou illuminé et la situation était désespérée.
 « Celui qui a tout fait basculer, c’est vous Gabriel ! 
Bien que très étonné je lui demandai :
-         allez-y, dites-moi.
-         Par je ne sais quel miracle, vous êtes réapparu et vous l’avez interpellé. D’après l’ensemble des témoignages, vous l’avez interpellé dans cette langue inconnue, enfin vous paraissiez vous comprendre.…
Ce qu’il venait de dire m’intrigua au plus haut point. J’étais près à entendre beaucoup de choses mais je ne parlais que ma langue maternelle et un anglais très approximatif.
-         c’est impossible Docteur.
-         Nous avons consulté votre dossier et effectivement, nous sommes dubitatifs. Nous disposons d’un ensemble de renseignements, d’informations concernant chaque personne et d’après nos sources, nous n’avons rien concernant un apprentissage languistique que vous auriez pu effectuer ces dernières années. Pouvez-vous me le confirmer ?
-         Bien sur, je vous certifie que c’est impossible.
-         Je pense que vous êtes sincère Gabriel mais les faits rapportés par les personnes qui étaient dans le périmètre ou s’est passé la scène sont fiables à quatre vint dix neuf pour cents. Nous avons déjà eu des comportements similaires dans des cas extrêmes de torture, de pseudo envoûtement qui pouvaient s’apparenter plus à des troubles psychotiques graves, ou bien des personnes ayant approché la mort. Dans votre cas je n’ai pas encore d’avis, des idées mais pas d’avis. Enfin continuons.
Il regarda l’heure et reprit en consultant ce qui devait être un rapport :
-         donc vous l’avez interpellé. Vous auriez conversé avec lui pendant un court instant. Votre attitude à son égard aurait été très autoritaire, voir menaçante.
-         Je ne comprends pas grand chose …
-         Vous avez traversé l’avion en continuant de lui parler et vous êtes arrêté face à lui. Les passagers ont eu le reflex collectif de partir dans l’autre sens et de commencer de s’échapper par les portes de sortie. Il y a eu une véritable émeute qui a fait plusieurs blessés ; certaines personnes n’ont pas attendu l’installation des dispositifs de sécurité et ont sauté, mais bon pas de blessure grave. D’autres, plus curieux ou par manque de choix ont observé la scène à distance. Le plus incompréhensible reste à venir : les témoins racontent que Delespinois vous a donné son arme et a levé le détonateur en l’air comme s’il s’apprêtait à commettre l’irréparable. C’est alors que vous avez pointé le canon de son revolver sur son front. Je ne comprends pas trop le sens vu que s’il utilisait sa bombe, il serait mort avec tout le monde. Pourquoi vous donner l’arme en conservant le détonateur si finalement il avait eu peur de mourir ? Peut être pourrez vous nous éclairer ? enfin toujours d’après les témoins, vous vous êtes mis tout les deux à répéter dans cette langue non identifiée les mêmes paroles. D’après certains témoins, vous sembliez tout deux pleurer. Ça aurait duré deux ou trois minutes.
   -     Putain, j’ai aucun souvenir de quoi que ce soit. Lançai-je accablé !
-         On peut en déduire que c’est quand même grâce à vous si Delespinois n’a pas pu réaliser son projet macabre, mais bon finissons ; Donc à ce moment précis les forces d’intervention sont intervenues. Une fois à l’intérieur ils vous ont tous les deux neutralisé.
-         Les otages et les flics ont dû penser que je faisais partie des dingues non ?
-         C’est très étrange. Je ne vous cache pas qu’ont été utilisés assez tôt différents dispositifs afin de savoir ce qui se passait à l’intérieur. D’ailleurs c’est pour cette raison qu’à ce moment précis ils sont entrés. Vous concernant, jusqu’à votre réveil, il était impossible d’avoir des soupçons.
-         Mais Docteur, vous me racontai tout alors que je pourrais finalement faire partie des terroristes et avoir changé d’avis au dernier moment et maintenant jouer la comédie de l’amnésique ?
-         Oui tout à fait mais alors à quoi auriez vous servi ? vous n’avez fais que dormir pendant tout ce temps pour finalement braquer Delespinois avec sa propre arme et devenir un héros. Ça ne tient pas debout. De toute manière je ne suis pas ici pour mener un interrogatoire, je suis médecin et ce qui m’importe c’est votre état physique et psychique. Mes directives d’aujourd’hui sont claires : vous relater les faits tels qu’on me les a racontés, observer avec vous vos réactions. De toute façon, quel serait l’intérêt de cacher ce que l’ensemble des passagers ont vu et raconté. Je compte Gabriel sur votre entière collaboration !
-         Je pourrais me révéler dangereux ?
-         Mais pourquoi voulez vous représenter un danger, un danger pour qui et pourquoi ? Attendez Gabriel, ne vous en faites pas nous nous occupons de vous. Vous n’êtes pas dans une école primaire, vous êtes dans un centre spécialisé. Des gens dangereux, j’en ai quelques uns.
-         Oui…, je ne sais pas pourquoi je dis ça, c’est ridicule, ça n’a aucun sens.
J’étais troublé par toute cette histoire de fou. Azvout conclut :
-          Bon, je pense qu’on peut s’arrêter là pour aujourd’hui. »
D’une manière très synchro, à la fin de sa phrase la porte s’ouvrit, les deux infirmières firent leur entrée. Je crois qu’il avait voulu illustrer ses propos. Son message était passé mais bizarrement je m’attendais à ce qu’elles rentrent, à ce moment précis…
J’étais dans un état étrange. Partagé entre des zones d’ombre qui me mettaient mal à l’aise et une clarté d’esprit que je me découvrais.
Le reste de la journée se déroula calmement. Sandra et Caroline étaient au petit soin. Elles m’avaient apporté un tas de bouquins et de magasines inintéressants au possible. Je n’avais ni droit à la télévision, ni au téléphone, je me sentais un peu coupé du monde. De toute façon, les relations avec l’extérieur n’était pas ma priorité, ma vie intérieur était déjà trop mouvementée : mon souhait absolu était de comprendre, comprendre ce qui se passait.
Dans ce tumulte de tourments j’entendais le bruit de la lave au fond dans son volcan, une impatience grondait, je ressentais un désir sexuel immense.
 
par Hessman
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
blog de sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus