Jeudi 28 juin 2007
Marchant dans un jardin aux couleurs magnifiques, je ressentais une sérénité, j’étais en pleine harmonie avec cet endroit. Les différentes allées étaient toutes plus hospitalières les unes que les autres. Je percevais les douces mélodies qui accompagnaient cette atmosphère paisible. Je savais le chemin que je devais emprunter, mon instinct me guidait et ne me décevrait pas. Un sentiment d’espace, de grand air régnait. Ce jardin extraordinaire n’avait pas de limites, enfin tant qu’on ne lui en donnait pas, et c’était bien la dernière des choses dont j’avais envie. J’imaginais que s’allonger sur ces étendues de beauté apportait la paix intérieure, cela devait être fusionnel. Je continuais de marcher calmement, j’avais une rencontre à faire et elle n’était plus très loin.
J’aperçu une silhouette, cette personne assise sur un banc était tourmentée. Je n’avais aucune envie d’accélérer ma cadence, du temps j’en avais et cette personne ne bougerait pas. Je savais aussi et cela ne m’effrayait plus, que j’étais à nouveau cet être à la peau sombre et rêche. Sans aucun empressement les choses allaient se faire, le plus naturellement du monde. L’homme avait la tête entre les mains et semblait se morfondre et moi j’étais heureux sans raisons précises, ou sans doute ne c’étaient-elles pas encore révélées.
« Mon bon Trill, tu es là, tu m’attends. Je suis content de te voir si triste, ne t’inquiètes pas tout évolue, j’y veille… » Dis-je sans ouvrir la bouche d’une voix se perdant dans l’infini.
Je m’assis à côté de lui, du temps nous en avions…
« Nous nous sommes rencontré, nous nous sommes détestés mais à ce jeu là, je suis le plus fort mais enfin, oublions le passé, regardons l’avenir, ensemble…ensemble… » Ma voix se répéta dans un écho lointain.
Son visage blême n’était aucunement sensible à cet environnement extraordinaire.
Se rendait-il compte de l’instant ?
Je le sentais ailleurs « pauvre petite brebis égaré, mon monde te fait l’effet d’un vide, nous sommes si différents si diamétralement différents… »
Ressentant un mépris immense à son égard, je continuai de le contempler.
« Notre rencontre fût ta condamnation à mort, rien que pour ça je t’aime ! »
Je pris une inspiration profonde et lui cracha en pleine figure. Il resta impassible. La bave qui dégoulinait s’anima et se mît à remonter puis à tourner et tels des larves se concentra sur plusieurs points distincts. Tournant de plus en plus vite, elles pénétrèrent différentes parties de son visage : sa joue, son front, sa tempe. On ne pouvait savoir si la peau de Trill absorbait le liquide ou si celui ci ne lui laissait pas le choix. Au bout de quelques secondes il n’y eu plus de trace du cracha. Lui n’avait pas réagit du tout à ce phénomène, il était perdu dans ses pensées, il était ailleurs.
Je le levai et repris ma route tout aussi calmement.
« Je te salue mon bon Trill, fais bien attention à ne pas te perdre dans tes rêveries… »
En m’éloignant je ne pus contenir un sourire, puis ce sourire se transforma en rire et se rire s’intensifia, encore et encore… les yeux au ciel et les bras écartés le son de ma voix déchirait cet univers, ma puissance était gigantesque, j’étais et cela était suffisant !
Comme pour libérer un trop plein d’énergie, il fallut que je pousse un cri, un beuglement. Le son qui sortit de ma bouche se matérialisa en un flux luminescent. Ce flux sinueux tel un serpent progressait d’une manière verticale. Je mettais de plus en plus de force et cela me procurait un plaisir qui se transformait progressivement en jouissance. Je me sentais le noyau de cet univers…
par Hessman
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