Les journées ennuyantes se suivirent. Je revis lors d’un autre interrogatoire qui fût cette fois ci plus court et moins désagréable l’agent Trill. Je lui présentai de plates excuses, ce qui ne
parut pas le toucher plus que ça. Son comportement à mon égard avait changé, il était distant et réservé, je le sentais un peu soucieux. Au file des jours et des entrevues avec notre équipe
d’enquêteurs, je compris qu’ils piétinaient. Le silence de Delespinois additionné à mon amnésie toujours inexplicable ne leur rendait pas la tache facile. Mais cela était vraiment la dernière des
mes préoccupations, moi ce que je voulais, c’était me tirer de cette merde et le faire le plus vite possible.
Environ une semaine s’était écoulée, on n’avait amélioré mon quotidien. Je bénéficiais maintenant d’un magnétoscope et d’une pile de cassette de vieux filmes. Donc j’eu le temps de parfaire ma
culture cinématographique et de bien saisir les principes fondamentaux d’un bon western.
Je n’avais toujours pas revu Sandra qui d’après Caroline était en arrêt maladie pour cause de surmenage. La pauvre, vu l’état d’excitation dans lequel j’étais, je l’aurais bien consolé la belle
petite blonde, à grand coup de boutoir !
Ma conduite de patient prisonnier modèle me faisait bien rire. J’avais adopté certaines techniques, des comportements de personne que j’avais rencontré tout le long de ma vie. L’extrême
courtoisie, la bonne humeur constante, la flatterie et une expression de générosité exceptionnelle. En gros j’avais endossé mon costume trois pièces de lèche cul professionnel et ça me plaisait.
L’objectif étant que ça leur plaise assez pour qu’il ait l’idée de lâcher le fauve.
J’enchaînais des nuits calmes. Mes rêves ne m’emmenaient plus dans des endroits délirants vivre des situations qui ne l’étaient pas moins, ou alors, je n’en gardais aucun souvenir.
Probablement à cause d’un état de sensibilité exacerbé, je continuais de ressentir un trouble, une évolution au niveau de mes sens. Mais ce que je n’expliquais pas et c’était ce qui me fascinait
le plus, restait mes anticipations, cette espèce de don divinatoire, cet instinct profondément étrange qui me faisait savoir avant que cela soit. Et il s’exprimait le plus souvent quand des
évènements sérieux d’une gravité plus ou moins importante allaient avoir lieu. Par exemple, si l’on venait me chercher pour que j’aille me laver, alors rien ne se passait. Par contre si l’on
venait dans ma chambre pour m’apprendre une nouvelle ou pour que je me rende à un interrogatoire, à ce moment, je pouvais deviner non pas ce qui allait se dire ou se passer mais que quelqu’un
franchirait la porte avec une précision d’horloger. Je me sentais progresser dans ce domaine, j’avais du mal à imaginer les limites d’une telle faculté mais :
« Cela pourrait me rendre de grands services par la suite » pensais-je
C’était ce même don qui m’avait permis de savoir que le Docteur Azvout nous avait enregistrait lors de notre premier entretien. Donc ce nouveau champ d’action restait encore un grand mystère et
pouvait nous réserver bien des surprises, nous l’espérions ! Euh… je l’espérais !