Je ne réalisais plus vraiment ce qui se passait, plus rien ne me touchait. Après avoir provoqué cet événement extraordinaire, une fatigue soudaine me vida de toute mon énergie. Je venais de me
servir de forces qui m’avaient beaucoup coûtées.
Les quatre hommes se relevèrent. Je remarquai que Delespinois et son voisin qui était dans mon champ de vision avaient les yeux fermés et serraient les poings comme pour contenir une colère, ou
plutôt une énergie.
Rouvrant les yeux, il me sourit et dis :
« - je te remercie Gabriel, la clarté viendra prochainement à toi »
Etant encore à la limite de l’épuisement, je ne répondis pas. Delespinois le remarqua et rajouta :
« - tu vas récupérer assez vite et tu redeviendras un des serviteurs de la source… »
Il se lança à terre sur le corps du Docteur Azvout. A quatre pattes sur le cadavre, il reprit des incantations, son visage face à celui du mort. Sur chacun des deux visages apparut une lueur
scintillante. Les traits de ces derniers parurent fondre pour devenir une surface lisse. Progressivement ils se reformèrent pour retrouver une forme humaine. Un phénomène incroyable venait de se
produire : le cadavre d’Azvout avait maintenant le visage de Delespinois avec un trou de balle dans le crane identique. Je lançais un regard vers Jean-Alexandre pour constater que lui aussi
avait changé d’apparence. Des grimaces l’aidaient à reprendre contact avec sa nouvelle figure. Il s’empressa d’enlever sa combinaison de détenue et cria :
« Allé ! Allé ! »
Ferrant et Sendersse se précipitèrent vers le cadavre d’anciennement Azvout et commencèrent de lui enlever ses vêtements. Les deux soldats reprirent leur position de garde. Je remarquai qu’en
arrivant, ils ne laissèrent rien transparaître, ils jouaient la comédie du calme et de la sérénité.
« Bien évidemment ! Les caméras» pensais-je
Je compris en inspectant les lieux que c’était une des rares salles sans cameras. Leur plan d’action avait été parfaitement étudié.
Nouvellement Azvout, anciennement Delespinois finît de s’habiller. Il contrôla le moindre détail du regard puis dis à Sendersse :
« Vas-y, dépêches toi ! »
Sendersse se tourna vers Ferrant et l’attrapa à la gorge. Ses deux mains se mirent à serrer de plus en plus fort. Je voyais les yeux du pauvre se révulser tellement le manque d’air et la douleur
devaient être insoutenable.
Après quelques instants il le lâcha, l’homme tomba et resta au sol. Son agresseur lui plaça deux doigts vers le coup pour lui prendre son pouls :
« C’est bon, attendez ! Si c’est bon. »
Delespinois leva la main en direction des gardes. Une puissante alarme retentit…