Sur le moment je ne comprenais pas le sens de ce qu’il me racontait mais l’écho de ses phrases au plus profond de moi m’enthousiasmait. Je n’éprouvais pas le besoin de poser de questions. Je
commençais à lire l’émotion en lui, il reprit :
« - je t’avais dis que tu avais une dette envers moi, te souviens-tu ?
Il connaissait la réponse, je lui dis ce qu’il voulut entendre.
- bien sur, j’avais malheureusement anéantie tes amis, je te demande encore pardon…
- non, non, Gabriel ne soit pas désolé, la Bachoa demande de nombreux sacrifices avant de se
rendre dans le sanctuaire.
- Mais seul tes amis sont morts, je n’ai absolument pas été à la hauteur. Ma part du contrat s’est
avérée être un échec.
Un sentiment de honte me traversa. J’avais durant tout ce temps négligé ou peut être enfouis par peur ces souvenirs. Jean-Alexandre exerça une légère pression de la main sur mon épaule et
dit :
- détrompes toi, tu as été magnifique. Et dire que dans ce monde, certains pensent que la
perfection n’existe pas. Ils sont bien misérables. Tu as été parfait !
Fronçant les sourcils afin d’exprimer ma surprise et mon interrogation, il rajouta :
- Gabriel, tu as été parfait.
- Mais je ne comprends pas
- C’est normal, la Bachoa, esprit de révélation ne s’explique pas. Elle se vit et nous mène
jusqu’à notre renaissance. Cette femme, cette infirmière que tu as voulu garder au près de toi
- Caroline ?
- Non, l’autre, celle qui n’a eu comme choix que de t’appartenir pendant que tu baisais son amie.
- Ce n’était pas un rêve alors ?
- La Bachoa Gabriel, la Bachoa…
Il le prononça de cette manière irréelle et magique. Cela eut l’air de faire frissonner la foule entière qui restait immobile et silencieuse dans cette semi obscurité. Seule la lune semblait nous
faire don de sa généreuse luminosité. Il changea de ton et dit d’une voix plus imposante :
- Cette femme, cette traînée moura en se pendant au bout d’une corde. La noirceur naissante
l’emmènera petit à petit de la tristesse au désespoir le plus total. Telle a été ta volonté, notre volonté Gabriel.
Je lui répondis d’une voix hésitante :
- mais je te devais…ma dette était de trois…j’ai tué trois de tes amis Jean-Alexandre.
- Non toi, je t’en prie, ne m’appelle pas comme ça.
Il inclina la tête sur le côté
- la bachoa s’est déroulé parfaitement. L’homme dont la présence t’était insupportable, cet homme
si peu respectueux de ta personne, ce Trill…
- oui ?
- ces jours sont également comptés. Une maladie qui a déjà commencé son évolution le terrassera.
Il moura après d’atroces souffrances. Ne reconnais-tu pas les lieux Gabriel ? »
Il me fît signe d’un mouvement circulaire du bras. Subitement, une image aux couleurs vives jaillit dans mon esprit et vint s’interposer avec la vision de cet immense étendu d’herbe. Le jardin
magnifique de mes rêve dans lequel j’avais rencontré Trill et cet endroit actuellement surpeuplé ne faisait qu’un !
« - comme je te l’avais dis précédemment Gabriel, ta haine est dévastatrice.
Un peu perdu je lui dis d’un ton interrogatif :
- mais je n’ai pas fais exprès, cela n’a jamais été intensionnel…
- mais bien sûr, c’est l’essence même de ton existence. Beethoven voulait-il consciemment composer
parmi les plus grands chefs d’œuvre de l’histoire de la musique ? Einstein était-il un fanatique de la vision apocalyptique et des moyens d’y parvenir ? Non ! nous suivons notre
destinée. L’excellence touche les chanceux qui ont su se déchiffrer. Ta bachoa t’a guidé à travers les méandres de ton esprit…