Le soleil entama son retour parmi nous, je n’avais plus dormi depuis mon retour en pleine nuit. Pas parce qu’une angoisse quelconque m’avait hantée ou simplement dérangée mais parce que je n’en
avais plus ressenti la nécessité. Je me sentais bien, serein. J’avais la curieuse sensation que cette expérience nocturne était un commencement et que des changements allaient intervenir, sous
quelles formes, ça, je n’en avais aucune idée !
De retour dans ma cellule après le cérémonial du matin, j’enlevai mes chaussures, j’allumai le téléviseur et fît défiler les chaînes les unes après les autres. Je repensais à cette nuit :
qu’est ce que cela pouvait bien signifier ?
Une chose était sure, il fallait que je sorte, j’étais prêt et de toute façon je savais que cela allait arriver très bientôt. Sans même que l’on m’ait dis quoi que ce soit, je commençai de
ranger mes affaires afin d’organiser ce départ.
« - Joshua ! » cria Rudy. Il ouvrit précipitamment la porte de ma cellule.
« - Joshua ! Mets la chaîne d’info, magnes toi »
Surpris de me voir en plein rangement il rajouta :
« - mais qu’est ce que tu branles… bon, on s’en fou, met la chaîne d’info, ça va t’éclater ! »
Au vu de son empressement, je compris que quelque chose se passait et que cela devait être assez intéressant. L’image montrait un Boeing de la China Airways isolé au beau milieu d’une piste
d’aéroport.
« - écoutes ça Josh, il y a plus de cent passagers à bord, des terroristes viennent de le détourner ce matin »
Ces images provenaient d’un aéroport à quelques kilomètres de là . J’étais captivé par ce spectacle, je n’entendais plus ni Rudy, ni les commentaires des journalistes. Cet avion figé me laissa
perplexe. Quelque chose d’important était en train de se passer, je pressentais un événement majeur. Ce détournement, cette prise d’otage…pourquoi avais-je l’impression que cela cachait une tout
autre réalité ?
Mon esprit après s’être égare une fraction de seconde revint. Le bruit ambiant me troubla. Je pris précipitamment la télécommande de la télévision et baissai radicalement le volume. Rudy surpris
dit :
« - qu’est ce que tu fous ?
- c’est bon j’ai compris, pourrais tu sortir s’il te plaît, j’ai besoin d’être seul »
Rudy légèrement dérangé par ma demande ne broncha pas et quitta ma cellule en bougonnant. Je me retrouvai seul face à cette image, seul face à cette image…
Mon esprit repartait vers cette destination inconnue mais néanmoins très accueillante…