J’avais découvert avec bonheur que parmis les chaînes proposées sur la télévision mis à ma disposition dans la chambre, il y avait une chaîne de musique classique. Un orchestre interprétait un morceau de Tschaikowsky. La musique remplissait maintenant le moindre recoin de la pièce. Je commençais de me sentir bien mieux, je commençais de me sentir chez moi.
« - recouvre les murs, les objets, inonde nous de tes nappes profondes et si justes. Comble ces instants, équilibre ces ensembles, devenons un, devenons nous… »
Je me tenais debout au milieu de la pièce. On frappait à ma porte, pas à celle de la chambre, à ma porte. A la seule porte importante, celle de mon être. La musique m’apaisait et me faisait oublier la rigidité de la réalité. Dans ces moments de sérénité et de paix, je ressentais cet appel, cette proposition.
Pour la première fois, je partis, non je ne partis pas, ce n’était pas vraiment un voyage, j’accédais sans mettre assoupi, sans être dans un état de somnolence. Je ressentais l’énergie nécessaire afin de rester debout, mais elle n’était rien en comparaison avec l’énergie m’entourant maintenant. Se confondre avec cet ensemble, s’imprégner ne serait-ce que d’une infime partie de cet univers devait être une expérience gigantesque. Mais je ne pouvais et ne devais le faire maintenant. Je n’étais pas prêt. Je ne devais rester que simple visiteur, simple admirateur, simplement un être aimant, aimant…
Rouvrant les yeux, les sensations, les atmosphères, les couleurs que je supposais, que je ressentais partirent. L’immensité se résuma à ce monde, à ce centre, à cette chambre et à moi. Moi au milieu. Mais quel bonheur ! Quel bonheur de deviner que tout n’était pas que ce tout qui nous était simplement proposé. Depuis peu de temps je savais, j’étais convaincu que je ne savais rien, absolument rien. Probablement comme l’ensemble des êtres habitant cette planète. Mais si on me laissait entrevoir, d’autres avait dû entrevoir auparavant. Si on me laissait entrevoir, d’autres devaient entrevoir probablement maintenant. Peut être devions nous nous rechercher ? Peut être me recherchait-on ? Peut être m’avait on déjà trouvé…
Une fois de plus cela allait dans le sens de ma liberté, ma liberté avenir. Ma seule conviction était qu’il était temps que l’on me libère. Que je sorte de cette cage, que je sorte de cet état. Le changement devait commencer bientôt.
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